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vendredi 31 juillet 2015

♣ Week end à 1000 #3 ♣

*Le week end à 1000 ?*
Du vendredi soir au dimanche soir, minuit, vous et vos livres, 1000 pages et peut-être autant d'histoires à découvrir pendant 53 heures. Vous faites votre PAL et il n'y a plus qu'à... lire bien entendu ! Du thé/du chocolat chaud, des petits gâteaux, l'épaule de l'homme comme oreiller, un plaid pas trop loin, et vous êtes prêts.

Après avoir loupé la dernière édition pour cause de déménagement, ce week end, je me relance dans l'aventure. Pour la troisième fois ! Et j'espère bien réussir enfin ce challenge de 1000 pages ! Quoi que... j'ai l'homme dans les pattes à présent. Donc ça ne sera peut-être pas facile de me ménager des temps de lecture. C'est un fait, je lis rarement quand il est avec moi la journée. On en profite pour faire des activités à deux, rattraper le temps qu'on ne passe pas ensemble habituellement, toutes ces heures que son boulot nous vole... Mais, clairement, ce week end à 1000 tombe trop bien pour que j'en profite pas : il va me permettre d'alléger ma valise et de pouvoir vous mettre certaines chroniques en prévision des vacances. Je ne peux pas passer à côté !
Au moins, je n'ai eu aucun mal à choisir mes compagnons pour ce week end livresque. D'ailleurs, je pense que le hasard ne pouvait pas mieux tomber : à eux trois, ils dépassent légèrement le millier de pages. Mais il y a aussi ma lecture en cours, que j'hésite à mettre en pause ou à inclure au challenge... On verra ce qu'il en sera d'ici 19h.

   
> Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers de Benjamin Alire Saenz. Ma lecture en cours. Que j'aurais peut-être fini avant le lancement du challenge.
> Un été sans toi de Karen Swan. Un pavé que j'ai reçu courant juin, dont la quatrième de couverture me tente beaucoup, mais dont le nombre de pages m'a fait de nombreuses fois reculer. 589 pages.
> Rêve de hyène de Hervé Jubert. Un petit roman pour souffler un peu et retrouver un univers qui me plaît beaucoup. 219 pages.
> Il était une fois dans le métro de Karen Merran. Une réception inattendue, mais un résumé intéressant. 285 pages.

>> Total : 1093 pages ! 
[Sans Ari et Dante]

Le challenge commence aujourd'hui à 19h donc et se terminera dimanche à minuit !
On se retrouve ici et sur facebooktwitterinstagram pour suivre tout ça ;) 
A très vite les choux 

Vendredi
• 19h : lancement du challenge. J'ai finalement décidé de mettre en pause Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers pour me laisser du temps avec ce roman. J'ouvre donc Un été sans toi, prête à dévorer... des pages.
• 20h : 50 pages au compteur, interruption de la lecture pour une soirée avec l'homme. Dîner et Breaking Bad au programme. 
• 00h : dodo. Sans avoir lu davantage.

Samedi
• 15h : je reprends enfin ma lecture, après avoir passé la matinée dans le centre ville pour les fêtes de Bayonne, et une partie de l'après-midi à déjeuner/regarder des épisodes de Breaking Bad. Nous, accros ?
• 20h : pause dîner, again. Je n'ai pas beaucoup lu. Ma lecture m'ennuie légèrement, mais je me jure d'aller jusqu'au bout.
• 00h : J'atteints difficilement les trois cents pages. Ce sera tout pour le moment.

Dimanche
• 10h : lecture pendant que le chaton joue. 
• 17h : je finis enfin Un été sans toi. Ce n'était pas facile, mais je l'ai fait. 
• 18h : j'ai pris une petite pause et j'entame mon deuxième livre du week end, Il était une fois dans le métro. Plus court, plus fluide. Il me reste six heures avant la fin du challenge. C'est jouable ! 
• Un peu avant 00h : je termine tranquillement Il était une fois dans le métro ! Une lecture sympathique et rafraîchissante. Il est trop tard pour une nouvelle lecture cependant...

Bilan : 
874 / 1000 pages

C'est encore un raté - jamais deux sans trois. J'ai pourtant mis toutes les chances de mon côté, en passant le moins de temps possible sur les réseaux sociaux et mes publications ont même été inexistantes dans le groupe... Mais la présence de l'homme à mes côtés, pour la première fois, aura eu raison de moi. La prochaine sera la bonne, j'espère !

jeudi 23 juillet 2015

=> Plus loin, plus près - Hannah Harrington <=

Récemment, NetGalley a ouvert un espace en français ! L'occasion était trop belle pour que je n'en profite pas et, ni une ni deux, voilà ma liseuse dépoussiérée, prête à servir. Et après vérification du catalogue, j'y ai trouvé pas mal de tentations. Trois ont principalement retenu mon attention. Je vous présente aujourd'hui la première : Plus loin, plus près de Hannah Harrington. Vraiment, vous vous attendiez à autre chose que du YA ?

Éditeur : Mosaïc
Traductrice : Barbara Versini
Genre : YA, contemporain
Public : dès 15/16 ans
Nombre de pages : 288
Date de parution : 27/05/2015
Prix : 12,90€
[lu en ebook]

Résumé :
« Aujourd'hui, ma grande soeur a décidé de mourir. C'est moi qui l'ai trouvée et depuis je ne tourne pas rond. June avait une vie parfaite, bien plus belle que la mienne, alors pourquoi ? Je croyais la connaître par coeur et je me suis trompée... Pourtant, il y a une chose dont je suis tout à fait sûre : June n'a pas pu m'abandonner. Elle m'a forcément laissé un signe, quelque chose, elle me tend la main quelque part. Peut-être en Californie où elle rêvait d'aller vivre. Ma meilleure amie est de mon avis et Jake, ce confident secret de June, est d'accord aussi. Alors, même si pour trouver ce que je cherche on doit traverser tout le pays et aller jusqu'en Californie, on va le faire. Ensemble. »

Avis :
J'ai tout de suite été interpellée par le résumé et le titre de ce roman. Plus loin, plus près, ou l'histoire de deux soeurs, que les années ont éloignées, que les non-dits ont isolées. Mais c'est aussi un roman sur le suicide, le deuil et la reconstruction/découverte de soi. Des livres sur ce thème, je n'ai jamais l'impression d'en lire assez, d'en être rassasiée. Et si celui-ci ne sera pas exceptionnel dans le genre, il me restera pour sa sincérité et son efficacité.

June s'est suicidée. Et elle n'a rien laissé. Pas un message, aucun signe de son acte. Seulement des souvenirs, sa mère bouleversée, sa soeur, Harper, désorientée. C'est elle qui l'a trouvée, dans sa voiture, avant d'allée à l'école. Depuis, Harper se pose plein de questions, des « si ... ? », des « pourquoi ... ? », auxquelles elle n'est en mesure d'apporter aucune réponse. Et ses parents, divorcés, qui veulent se diviser les cendres de June... La jeune fille en est persuadée, elle doit emmener sa soeur en Californie. Mais elle ne le fera pas seule... 

J'ai toujours un peu d'appréhension lorsque je commence des romans comme Plus loin, plus près, qui évoquent des sujets sensibles, forcément plein d'émotions. Avec l'été, on n'a peut-être pas envie de lire des récits de ce type, souvent délicats et mélancoliques. Pourtant, j'ai adoré le roman de Hannah Harrington ! Parce qu'elle a apporté beaucoup de lumière, beaucoup d'espoir. Et elle a su mettre une petite note de légèreté dans l'histoire, quelque chose de doux, qui atténue l'aspect tragique du récit. 
Pour cause, on découvre tout d'abord une héroïne forte et téméraire dans le personnage de Harper. Émue, brisée, elle s'interroge sur la mort de sa soeur, les raisons de son suicide, sa propre incapacité à n'avoir rien vu, sans pour autant plonger dans l'apitoiement. Sa volonté de vouloir disperser les cendres de sa soeur en Californie, à l'opposé d'où elle habite, là où June désirait tellement aller, est hyper touchante. Mais elle n'a rien : la voiture de sa meilleure amie, Laney, rend l'âme avant le départ, et elle ne peut pas demander des sous à sa mère pour le voyage. Heureusement, c'est là que Jake va venir à sa rescousse.
Si je me suis vite prise d'affection pour Harper, avec Laney et Jake, ç'a été autre chose. Laney est à l'extrême de Harper, c'est peut-être pour cela qu'elles forment un duo inséparable et totalement complémentaire. Toutefois, je n'ai pas accroché à ce personnage, extravertie, charismatique, léger. Quant à Jake... on peut difficilement lui résister. Des yeux de feu, un corps à se damner, et en plus il est guitariste et très calé question musique. Que demander de plus ? Cependant, c'est avant tout un personnage mystérieux, renfermé et secret, qui ne s'ouvrira que petit à petit. C'est un protagoniste qui m'a convaincue à 100%, attachant et avec ce qu'il faut de sombre pour attiser notre curiosité.
Ce trio touchant ne serait toutefois rien sans le road-trip rythmé et musical dans lequel il se lance, ni même la plume de Hannah Harrington. Pour se rendre en Californie, nos trois jeunes personnages doivent traverser les États-Unis. Temps du voyage estimé : une semaine. Une semaine de route, de bitume, de musique et de découvertes. Harper en apprend davantage sur les autres, sa meilleure amie, les raisons qui ont poussé Jake à les accompagner, mais aussi sur elle-même et sur June. La connaissait-elle aussi bien qu'elle le pensait ? Quel était la nature du lien que Jake entretenait avec June ? 
L'écriture de Hannah Harrington habille le tout. Jouant sur des thématiques sensibles, elle explore avec efficacité et des mots justes le deuil, la reconstruction et la quête de soi, à travers de nombreux exemples. Harper ne va pas faire que voyager, elle va mûrir et apprendre à s'ouvrir au monde, à elle-même. Les différences entre chaque personnage ne sont pas non plus hors considération, tant dans le caractère que dans la vie quotidienne. Harper et Laney viennent d'un milieu plutôt aisé, là où Jake a dû apprendre très tôt à se débrouiller seul ; l'une est introvertie, l'autre extravertie, le dernier renfermé. Bref, trois portraits de jeunes touchants et complexes dressés avec réalisme.

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre : 
« Let it be ...
Je voudrais tant que les paroles disent vrai. Je voudrais qu'il y ait des réponses pour cex qui ont le coeur brisé.
J'ai le coeur brisé. Et personne pour répondre à mes questions. Et je n'en peux plus. Je n'en peux plus de toutes ces questions sans réponses, de ce questionnement sans fin qui m'envahit au point de m'empêcher de vivre. C'est injuste. La vie est injuste. Tout est injuste. Pourquoi June est-elle partie sans prévenir ? Pourquoi m'a-t-elle abandonnée ? Car elle m'a abandonnée. Sans elle, je me sens seule, désespérément et totalement seule. Avec un chagrin immense dont je ne sais que faire. »

~~~~~~
Plus loin, plus près de Hannah Harrington est un road-trip parfait pour l'été ! Tout en musique et en justesse, le roman nous fait traverser les États-Unis et la vie d'un trio de jeunes gens remarquables. Harper, qui souhaite rendre un dernier hommage à sa soeur. Laney, qui a soif de vie et est ivre de liberté. Jake, qui apprend doucement à baisser ses barrières. L'auteur aborde des sujets sensibles avec justesse, brièvement, mais qui resteront inévitablement dans l'esprit du lecteur. Un récit efficace sur le deuil et la reconstruction, lumineux et plein d'espoir.
Je ne m'y attendais pas, mais c'est finalement une lecture plus légère qu'il n'y paraît et, pourquoi pas, à dévorer cet été !

+ Je remercie NetGalley et les éditions Mosaïc pour cette lecture

lundi 20 juillet 2015

#Routine du lecteur/blogueur

• L'idée : en tant que lecteurs/en tant que blogueurs/en tant que lecteurs et blogueurs, on se retrouve parfois confronter à des petits problèmes, des petites angoisses, des questions, auxquels on aimerait bien une solution.
• Pourquoi ? Parce que j'aimerais être libraire/bibliothécaire/secrétaire d'édition, sans avoir cette chance pour le moment. Parce que j'aime conseiller, blablater, le tout dans l'esprit livresque. Parce qu'il est toujours bon d'avoir quelques conseils. Parce qu'on se pose peut-être les mêmes questions, et que nous pourrions y répondre ainsi ensemble. 
• Comment ? Chaque mois, j'exposerai un problème/une question et tenterai de lui apporter des solutions, misons sur trois. Le tout accompagné de quelques idées livresques en fin d'article. 

Let's go ! 
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Avoir une panne livresque

On y est tous confrontés à un moment, la fameuse panne livresque. Cet instant où on passe des heures devant sa pile à lire/sa bibliothèque, où aucun roman ne nous tente, où les jours passent sans que l'on tourne une page. Et en tant que lecteur boulimique ou régulier, c'est aussi difficile à admettre qu'à vivre. D'où vient-elle ? D'une overdose passagère, d'un petit coup de mou, d'un manque de temps, d'un souci personnel, dans tous les cas, elle n'en est pas moins présente. Alors, dans ce deuxième numéro de Routine du lecteur/blogueur, je vais vous proposer trois petits conseils, tant pour prévenir la panne livresque qu'une fois qu'elle est bien installée. Allez, bottons-lui le ... ! Et sinon, il ne nous restera plus qu'à laisser passer le temps.

1er conseil : varier les genres pour éviter le trop plein. L'une de mes premières pannes livresques m'est venue à cause d'une overdose de dystopies. C'était après ma découverte de Hunger Games, tellement emballée, je ne me suis mise à lire que ça. Sauf qu'une fois qu'il n'y en avait plus... je ne parvenais pas à me plonger dans autre chose. Sans compter que j'ai bien failli me dégoûter du genre. Depuis, je diversifie mes lectures. Toujours du YA, mais un peu de fantasy par là, de la romance ailleurs, la littérature young adult est aujourd'hui si vaste !

2ème conseil : en revenir aux classiques. On l'a tous dans sa biblio, ce livre doudou, celui qui nous a plu plus que tout, qui a peut-être même déclenché notre addiction. Ce coup de coeur/coup de foudre/coup de poing dont l'histoire et les personnages ne sont jamais bien loin de nos pensées. Parfois, on le saisit pour replonger dans le passage qui nous a ému/fait rire/marqué/... Alors pendant une panne livresque, pourquoi pas le redécouvrir totalement, le laisser de nouveau nous captiver et retrouver ce qu'il nous avait déjà fait ressentir. 

3ème conseil : changer et viser petit. Peut-être qu'il est temps de voguer vers d'autres horizons, de s'intéresser à un roman qui vous a vaguement fait de l'oeil mais sortait de vos habitudes de lecture. Essayer un autre genre, un autre auteur, favoriser l'inconnu et la découverte. En demandant conseil à son libraire, à sa bibliothécaire, à sa famille, ses amis. Le genre que je vous recommande : le feel-good book.  Et de choisir des petits formats à la place des briques. Plus digeste, plus court, on se dit facilement qu'on peut le commencer... et le finir. 


Quelques idées livresques

• Si je voulais varier les genres : 
   
[Les formats poche existent aussi en grand format]

• Si je voulais en revenir aux classiques : 
   

• Si je voulais sortir de ma zone de confort : 
   

• Si je devais vous conseiller des feel-good books : 
   


Et vous, que faites-vous en cas de panne livresque ? Quelles sont vos lectures doudous ? 
N'hésitez pas à me faire également part de vos conseils ! 

jeudi 16 juillet 2015

=> L'année solitaire - Alice Oseman <=

C'est comme ça. Il y a des titres qui nous attirent, des couvertures, des résumés. Le mot qui nous fait dire/penser/crier « Il me faut ce livre ! ». Et quand vous le refermez, vous ne savez plus trop qui vous êtes, où vous êtes, mais vous comprenez pourquoi vous le vouliez tant. Récemment, j'ai eu ce genre d'effet avec L'année solitaire d'Alice Oseman, et j'ai rencontre Tori, que j'aurais aimé connaître pendant mes années lycée. 


Éditeur : Nathan
Traductrice : Anne Delcourt
Genre : ado, contemporain, 
Public : dès 14/15 ans
Nombre de pages : 408
Date de parution : 15/05/2015
Prix : 16,90€

Résumé
« On est censés vivre la plus période de notre vie. On est jeunes, on est en train de décider de notre avenir (c'est en tout cas ce qu'on nous répète), on a des amis. Mais en fait, tous, on attend que quelque chose change.
Becky, ma meilleure amie, avec qui je rigole de moins en moins. Lucas, qui réapparaît dans ma vie après toutes ces années. Mon frère Charlie, la plus belle personne que je connaisse. Michael Holden, avec son sourire trop grand. Et moi, la fille la plus misanthrope et pessimiste du lycée.
On attend tous que quelque chose change. »

Avis
Il y a deux manières de vivre ses années lycées. Pour certains, ce seront les meilleures années, une traversée paisible jusqu'au bac. Pour d'autres, le lycée s'apparente littéralement à l'enfer. Comment ? Pourquoi ? C'est comme ça. Alors parfois, on laisse simplement les choses aller, attendant que ça change. Espérant secrètement, inconsciemment, que quelque chose changera. Et il n'y a pas de profil type, aucune manière de savoir qui est prédéterminé à détester ou aimer le lycée, qui réussira à y faire sa place et qui n'y arrivera pas. C'est ce que nous démontre Alice Oseman dans L'année solitaire.

Victoria Spring préfère qu'on l'appelle Tori, elle tient un blog et sa meilleure amie s'appelle Becky Allen. Elle adore son petit frère, Charlie, deux classes en dessous d'elle, et son autre frère Oliver. Cette année, c'est celle de sa première, mais celle aussi de tous les changements. Lucas, son meilleur ami de primaire, refait surface dans sa vie. Michael Holden, nouveau, s'intéresse trop ? à elle. Sa relation avec Becky s'effrite. Et SOLITAIRE, un blog tenu par des anonymes, envahit la vie lycéenne, menant des actions dont Tori se sent la cible... 

Je crois que s'il y a bien une chose qui m'a marquée dans L'année solitaire, c'est son authenticité et la manière dont il se dégage du paysage des contemporains ados. Parce qu'il a été écrit par quelqu'un de 18 ans ? Parce que Tori est l'une des héroïnes les plus pessimistes que j'ai pu rencontrées ? Parce que les dialogues, nombreux, ont quelque chose de réel et profond ? Parce que Michael Holden est le personnage auquel je m'attendais le moins ? Tous ces éléments, et bien d'autres encore, contribuent pour moi à l'originalité du roman d'Alice Oseman. Et qui font que je l'ai adoré !
Pour autant, c'est un peu à double tranchant. L'ambiance est sombre, parfois pesante, ajoutée à une héroïne cynique et isolée. Parfois, j'avais l'impression qu'il n'y avait pas de lumière dans l'intrigue, pas d'espoir, pas de réponses. Du coup, on peut avoir le sentiment que le récit est trop, au point d'en devenir oppressant. Mais personnellement, j'ai beaucoup apprécié cet aspect. Tori, sa bande, nous rappellent forcément nos propres années de lycée, nos doutes, nos questions, nos envies. Et ici, c'est dépeint avec franchise, sans que l'on cherche à édulcorer quoi que ce soit.
Je me suis dit que j'avais manqué d'une lecture pareille pendant ma propre scolarité. Si L'année solitaire ne donne pas vraiment de réponses sur la façon d'améliorer ses années de scolarité, tout simplement parce qu'il n'y a pas de mode d'emploi type, il offre des pistes aux lecteurs, de même qu'il nous aide à nous sentir moins seul. Ce n'est plus comme si nous étions un cas exceptionnel, la seule personne à vivre son adolescence comme une mauvaise expérience. Et finalement, il nous ouvre aussi les yeux sur les autres, nous répète habilement qu'un sourire ou une bonne réputation ne font pas tout...
A travers ses personnages, Alice Oseman évoque (chacun de nous/des problèmes adolescents avec justesse) et provoque (un tas d'émotions) ! Tori m'a facilement rappelé celle que j'étais il y a quelques années, mais il y a aussi Michael Holden, dont l'enthousiasme et les sourires semblent cacher bien des choses. Il y a Charlie, qui est tombé malade et ne peut plus rester sans surveillance, Lucas, qui réapparaît et cherche à comprendre ce qui a changé, Becky, la meilleure amie avec qui les liens se distendent. Une palette de personnages, différents mais qui partagent leur sensibilité, leur complexité. Et chacun d'eux m'a touchée, exaspérée, ennuyée, apeurée, attristée, dégoûtée,... par ses idées, par ses actes ou seulement par son laisser aller.
Enfin, il y a SOLITAIRE. J'ai aimé l'idée, j'ai aimé le développement, j'ai aimé le dénouement. Je regrette cependant que cette trame n'est pas été plus fouillée. Tori prend très peu de chose à coeur, et malgré l'intérêt que semble lui susciter le groupe à la tête de SOLITAIRE, le sien est d'abord assez limité. Elle s'y intéresse sur le tard, alors que l'on s'est déjà plus ou moins fait une idée de qui se cache derrière ce blog et toutes ces actions étranges, voire dangereuses, qui viennent perturber la vie du lycée. Reste à découvrir pourquoi, et en comprendre toutes les ficelles.

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
« - Il y a un lieu et un temps pour tout, m'explique-t-il. La plupart des gens sont réglés par défaut sur la normalité. Mais pour d'autres, comme toi et moi, c'est un truc qu'il faut aller chercher, comme de mettre un costume pour un dîner chic.
Voilà qu'il philosophe, maintenant ?
- Et quel besoin tu avais de me raconter ça ? Pourquoi ça t'obligeait à me chercher partout ? Qu'est-ce que ça a de si important ? 
- Bah, ça ne l'est pas vraiment. Je voulais juste que tu le saches. Et quand je veux faire un truc, en général, je le fais.
Il agite la main pour me dire au revoir.
- A bientôt, Tori Spring.
Et il s'éloigne. je reste là dans mon pull noir, sous la pluie, et le lampadaire cassé, à me demander si je commence à ressentir quelque chose et à me rendre compte que le plus drôle, c'est que tout ça est parfaitement vrai. »

~~~~~~
L'année solitaire d'Alice Oseman est un roman authentique et criant de sincérité. A fleur de peau, complexe, sensible, juste, le récit se déroule autour de Tori et des actions du blog de SOLITAIRE. Si Tori n'est pas un personnage qu'on apprécie inévitablement à cause de son sarcasme et de sa carapace, elle reste un protagoniste intéressant et intrigant, qui surpasse l'intrigue concernant SOLITAIRE, à mon goût. Je me suis prise au jeu de savoir qui cache quoi et surtout qui est derrière ce blog, ses actions, mais surtout, je voulais connaître et comprendre Tori, découvrir jusqu'où elle irait, connaître la voix qu'elle choisirait.
Un livre sur l'adolescence, sincère et qui ne mâche pas ses maux, ça peut être si bon ! 

+ Je remercie les éditions Nathan pour cette lecture et leur confiance

Les copines le recommandent aussi : 

lundi 13 juillet 2015

=> Entre nous et le ciel - Claire Gratias <=

Je me faisais une joie de retrouver la collection In love en juin, notamment avec cette sortie. Je n'ai pas lu Manon Lescaut de l'Abbé Prévost, mais la lecture de Entre nous et le ciel de Claire Gratias m'y incite doucement ! Je regrette seulement d'avoir été prise d'une telle frénésie que j'ai littéralement dévoré le livre... Ha.


Éditeur : Rageot
Collection : In love
Genre : contemporain, ados,
Public : dès 14/15 ans
Nombre de pages : 192
Date de parution : 17/06/2015
Prix : 10,50€

Résumé :
« Dans le bureau des policiers enquêteurs se succèdent tous ceux qui la connaissent : Salomé sa meilleur amie, Valentin le lycéen fou amoureux d'elle, sa cousine, sa mère, ses professeurs, monsieur G.-M.
Un à un, les éléments du puzzle se reconstruisent : ses fugues, ses silences, ses dérobades, son nouveau look, ses séances de modèle pour un peintre, son inextinguible soif de liberté... »

Avis :
Un petit rappel de la collection In love avant de parler du roman de Claire Gratias. Lancée en mars 2015 par les éditions Rageot, cette collection a pour but de faire revivre les plus grandes histoires d'amour classiques en les modernisant et en les adaptant à la vie d'aujourd'hui. Le tout afin de nous prouver que les histoires d'amour sont éternelles, et à quel point les classiques sont intemporels. Et ça marche ! Personnellement, depuis le lancement de In love, je me régale. Les couvertures sont magnifiques, colorées et vives, le packaging est beau et les récits se lisent avec délice !

Manon devenait de plus en plus fuyante. D'abord, ses écarts en cours, ses passages à l'infirmerie, puis ses mensonges, ses fugues. Et enfin son silence. Ceux qui pensaient la saisir ne la comprennent plus. Ceux qui pensaient l'avoir l'ont vu partir. Pourquoi ? Comment ? Qui est donc devenue Manon, à l'origine si discrète et si gentille ?

Je ne connais pas encore Manon Lescaut, donc je ne pourrais pas faire de comparatif entre le roman de l'Abbé Prévost et l'adaptation qu'en a fait Claire Gratias avec Entre nous et le ciel. Toutefois, les explications de l'auteur à la fin du récit nous permettent d'avoir un aperçu clair de son travail et de ce qu'elle a fait pour moderniser le récit de base, reprendre les enjeux et les adapter à notre société actuelle. Et nous démontrer que les histoires d'amour sont éternelles !
Au fil du récit, des témoignages des proches de Manon, on découvre doucement ce personnage principal, qui n'a pourtant jamais voix au chapitre. C'était étrange de la découvrir par le biais des autres, sans avoir son avis, son ressenti, sur telle ou telle chose. On la voit et l'imagine selon ce que les autres ont retenu d'elle, des instants de vie et de complicité qu'elle leur a offert avant de changer du tout au tout. Je ne sais pas si je n'aurais pas préféré entendre Manon elle-même de temps en temps, parce que l'effet est très bien rendu. Manon ne peut pas nous embellir son image, et finalement le lecteur fait lui-même petit à petit le lien entre tout ce qui lui est révélé, la lumière sur un personnage qu'aucun proche n'a su arrêter dans son besoin de liberté, sa soif de vie.
Sur quelques pages, Claire Gratias nous offre un récit riche en intensité, que je me suis prise à espérer plus long pour en profiter davantage et ne pas voir l'inéluctable arriver. On a beau envisager et comprendre ce qu'il s'est passé au fur et à mesure que l'intrigue se déroule, l'accepter tant que ce n'est pas clairement sous nos yeux est impossible. Et, personnellement, au début de ma lecture, je suis partie sur une théorie des plus fausses, suivant ensuite les indices laissés par l'auteur et ses personnages pour comprendre qui est Manon, revoir finalement mon premier jugement sur ce personnage sensible, intrépide et surtout plein de vie.
Même s'il reste des questions sans réponses, des détails qu'on aurait aimés éclaircir, j'ai pourtant refermé Entre nous et le ciel avec un sentiment de soulagement/satisfaction. J'ai fini par m'attacher à Manon, bien que ça n'ait pas toujours été facile et que le revirement de cette héroïne soit quelque chose qui s'apprécie avec le recul. Et à Valentin et Salomé, qui auront tenté jusqu'au bout d'aider et de comprendre Manon, chacun à leur manière. Le premier en lui promettant un amour sans heurt et sans limite. La seconde en ayant été à l'écoute et consciente du trouble de Manon.
D'une maison normande au célèbre Pont des Arts de Paris, de Manon Lescaut à Manon L, Claire Gratias ne trace qu'une ligne de mots, simples et délicats, pour nous entraîner dans le sillage d'une héroïne intemporelle. On retrouve dans le personnage de Manon beaucoup de chacun, les questions, les doutes, qui nous assaillent à l'adolescence, ce besoin de trouver sa place, cette réflexion sur l'avenir. Mais Entre nous et le ciel est aussi avant tout une romance, de celles qui sont dévorantes. Une histoire de passions, pour l'amour, pour l'autre, pour la vie, dont on ne ressort pas sans avoir été touché.

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
« Ce que je regrette le plus aujourd'hui, c'est d'avoir entraîné une autre fille là-dedans. Manon était si jeune. Si naïve. Et tellement en colère aussi.
C'est peut-être ce qui m'a aveuglée. Son désir de revanche. 
Cette envie de montrer de quoi elle était capable. De foncer sans se poser de questions.
C'était impressionnant.
J'admirais sa fureur de vivre.
Je n'ai pas vu ce qui se cachait derrière.
Avec le recul, je pense que ça ressemblait à du désespoir. »

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Entre nous et le ciel de Claire Gratias a été une très belle surprise ! C'est un roman court, aux chapitres persuasifs, qui nous entraîne sur les traces de Manon, jeune héroïne à la soif de vie insatiable. Sur sa route, Salomé, sa meilleure amie, et Valentin, son amoureux, auront tenté de comprendre et de cerner ce personnage tantôt si proche tantôt hors d'atteinte. Un récit actuel, bourré de réalisme, porté par la plume délicate de l'auteur. Une romance avec des maux, qui remet aux goûts du jour le classique de l'Abbé Prévost, Manon Lescaut
In love, ou une collection qui pourrait bien vous faire aimer les classiques

+ Je remercie les éditions Rageot pour leur confiance