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mercredi 17 mai 2017

=> Corbeaux - Juliette Lemaître [Manipulation, #1] <=

Éditeur : Hachette
Genre : dystopie, YA
Public : dès 14/15 ans
Nombre de pages : 393
Date de parution : 22/02/2017
Prix : 18€
- Dyptique -
- Tome 2, Renards, à paraître le 05/07/2017 - 

Résumé : 
« Liza vit avec sa sœur, à l’écart de la Société. Elle a promis de toujours la protéger, elle, la petite Anna qui n’a jamais su marcher.
Mais en quelques heures, leur destin bascule. Anna est capturée par la Milice.
Liza n’a pas le choix. Si elle veut revoir sa sœur, elle va devoir quitter le monde qu’elle connaît et entrer dans cette Société qui retient Anna prisonnière. Quitte à tomber dans le piège tendu par son président, un homme manipulateur et sans scrupules… »

Avis :
J'ai récemment craqué face à une nouvelle dystopie... française ! Corbeaux m'a tout d'abord attirée par sa couverture [elle claque, n'est-ce pas ?] et ma curiosité a pris le dessus pour en apprendre plus sur ce titre. Je l'ai enfin découvert et qu'il a été bon de retrouver une dystopie solide, avec des personnages forts, un suspense haletant et [presque] pas de romance. Au début, je n'y croyais pas non plus. Mais je viens de finir Corbeaux, le coeur gros d'enthousiasme ! C'est une dystopie classique, dans sa reprise des codes, mais qui est tout même parvenue à m'accrocher et à me faire vivre un très bon moment de lecture ! Chronique !

Depuis la disparition de leurs parents, Liza veille sur sa petite soeur, Anna. Elles sont nées et ont grandi en dehors de la Société et se refusent de la rejoindre. La ferme suffit à leur besoin, Liza y travaille dur chaque jour, s'occupant des bêtes, construisant des machines, semant et récoltant les productions. Anna, elle, reste à la maison : elle est incapable de marcher. À défaut, la jeune fille passe ses journées à lire. Et ses nuits à faire des cauchemars, parfois prémonitoires. Mais si elles ne veulent pas rejoindre la Société, elles ne pourront pas s'en cacher éternellement...

Je vous le dis d'emblée, le bon point de cette dystopie - le premier pour moi -, c'est le duo Liza/Anna. Leur lien réchauffe le coeur, leur amour et leur dévotion l'une pour l'autre nous attendrissent ; elles sont tout simplement craquantes ! Ce n'est pas chiant ou gnangnan, elles ne m'ont pas donné l'impression d'en faire trop, leur fraternité ne m'a pas paru impossible ou facile. Elles sont seulement tout l'une pour l'autre, à la fois touchantes et merveilleuses. On apprécie Liza pour son courage, sa détermination ; Anna pour sa vivacité et sa jeunesse.
Ensuite, il y a ce côté dystopie. Ce n'est plus un secret, c'est l'un de mes genres préférés ! Corbeaux en possède tous les codes : un gouvernement totalitaire, une société restructurée, un bonheur impossible, un élément étranger qui vient enrayer la machine. J'ai trouvé qu'il y avait tout de même un petit quelque chose en plus dans l'intrigue. C'est ce côté cruel/voyeurisme, qu'il me manquait parfois dans d'autres romans. Et Connor est juste parfait dans ce rôle ! 
Qui est Connor ? Le méchant de l'histoire, le chef de la Société. Il dirige la Société d'une main de fer, laissant ses Corbeaux [une sorte de milice] faire régner ses lois et ses ordres, propager la peur et la crainte dans ses rues. Stratège et manipulateur, il pimente un peu sa vie en se joignant à l'expédition qui part capturer Liza et Anna, et en faisant tout pour détruire le lien qui les unit... J'ai failli le prendre pour un gentil à un moment, puis cette lueur s'est vite éteinte. Nos émotions vacillent face à ce personnage, de la haine à l'espoir, de l'espoir au dégoût. 
Je craque pour les personnages principaux, je craque pour le genre. Ai-je craqué pour l'auteur ? Oui, j'ai aussi craqué pour Juliette Lemaître. Bon, au départ, j'étais pas vraiment folle de la plume. Les phrases sont courtes, ça donne un aspect succinct et manque de développement. Pourtant, au fur et à mesure des chapitres, l'écriture évolue et on entre dans plus de détails, on ressent plus d'émotions. J'ai rapidement fini par oublier qu'il s'agissait d'un premier roman, m'enivrant de l'ambiance et du suspense haletant qui grandit chapitre après chapitre. Je ne dis pas que je n'ai pas anticipé quelques grosses révélations, mais j'étais si bien dans ma lecture que ça passait tout seul.
Corbeaux, c'est donc un excellent premier tome - et premier roman ! De bons personnages, une bonne ambiance, une chouette plume, que demander de plus ! Une histoire qui tient la route, peut-être... Et je n'ai pas été déçue par le point. Non seulement j'ai été ravie et agréablement surprise de ne pas voir une grosse romance arriver et prendre le dessus sur la relation de Liza et Anna, mais en plus l'intrigue en elle-même était riche et intéressante. Juliette Lemaître mêle plusieurs thèmes dans son récit, qui s'accordent et se complètent. Du coup, forcément, la date du tome 2 est notée [et surlignée] dans l'agenda ! 

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Corbeaux de Juliette Lemaître est une dystopie française qui m'a beaucoup plu ! J'ai eu peur pendant les trois premiers chapitres en découvrant des phrases assez courtes, qui m'empêchaient de vraiment entrer dans le récit. Mais cette peur a disparu par la suite, grâce à plus de détails et une ambiance haletante. J'étais littéralement captivée ! Le duo de soeurs composé par Liza et Anna m'a sincèrement touchée par son amour, son courage et sa dévotion. Et d'autres personnages en général, comme Judith, Jake, Calim et Connor [je le confesse] n'ont pas manqué de m'émouvoir également par leur histoire. 
Je vous recommande chaudement ce récit, qui mêle - comme son titre l'indique -, famille, amour et manipulation dans un univers dystopique bien construit ! 

+ Merci aux éditions Hachette pour cette lecture

mercredi 20 avril 2016

=> Paranoïa - Melissa Bellevigne <=

Éditeur : Hachette 
Collection : Black Moon
Genre : YA, contemporain, fantastique
Public : dès 15 ans
Nombre de pages : 313
Date de parution : 31/03/2016
Prix : 17€

Résumé : 
« Lisa Hernest, psychiatre spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l'institut Saint-Vincent. Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, vingt ans et enceinte de cinq mois, internée pour paranoïa et hallucinations.
Dès leur première entrevue, Judy fait preuve d'une lucidité et d'un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions. Entretien après entretien, Judy lui livre en effet une curieuse histoire, mêlant sa quête des racines familiales en Angleterre à la présence d'un certain Alwyn, cet homme qui la suit comme son ombre depuis toujours.
Progressivement, Lisa, l'experte en âmes fragiles, sent ses moyens lui échapper et Judy la déstabiliser. À mesure que les mois passent et que la date de l'accouchement approche, la vérité paraît s'éloigner. »

Avis : 
Melissa Bellevigne, vous la connaissez sûrement [ou pas] sous le nom de Golden Wendy. Blogueuse et youtubeuse, vous avez peut-être déjà croisé un de ses articles ou une de ses vidéos, sans savoir que la demoiselle entretient une relation toute particulière avec l'écriture, à moins que vous ne la suiviez depuis un moment. En tout cas, elle a été repérée l'été dernier par l'équipe de la collection Black Moon, qui a eu un gros de coeur sur le roman... Quelques mois plus tard, la nouvelle commence à se répandre, ma curiosité à s'éveiller. Plus j'en ai lu/vu/su, plus j'avais envie d'en découvrir encore. Paranoïa reçu, j'y allais intriguée. J'en suis ressortie ébahie !

Lisa est une psychiatre réputée, qui a la chance de pouvoir choisir ses cas et d'être souvent appelée lorsque ses confrères sont devant une impasse. Sa nouvelle patiente est une jeune fille, Judy : enceinte, elle ne parle plus et refuse de s'alimenter. Entre tentatives de suicide et murmures étranges dans le vide, son histoire se révèle délicate. Lisa sera-t-elle en mesure de découvrir le secret que cache Judy ? Pourra-t-elle l'aider ? Lisa se lance sans hésiter dans la bataille, pour sauver cette jeune fille, son bébé,... et peut-être elle-même.

Exit les romans de youtubeuses où il n'est pas vraiment questions d'histoires ni d'intrigues. Melissa Bellevigne nous propose un roman qui frôle la tension d'un thriller avec des personnages plutôt bien construits et une intrigue aux multiples révélations, laissant le lecteur parfois à court de souffle. J'ai aimé me plonger dans ce récit, qui avait parfois quelque chose d'un autre temps, qui donnait parfois cette impression de réalité. Et qui interroge le lecteur jusqu'au bout.
La narration alterne les deux voix de Lisa et Judy : deux façons de voir le personnage de Judy, sous plusieurs angles. Le premier sous le regard de Lisa, qui analyse d'abord la jeune fille comme une patiente. Son regard change petit à petit, s'affûte, s'adapte. C'est aussi le moment de la découvrir elle, ses ambitions, sa vie, sa carrière. Le second, c'est celui de Judy. Elle sait depuis des années qu'elle souffre d'une maladie, d'hallucinations, ce qui l'a poussée à s'isoler dans un petit village de campagne, non loin de Paris. Mais des événements étranges l'entraînent dans un périple londonien qui vient remettre en question ses convictions...
À un moment, une troisième voix prend la narration, le temps d'un court chapitre. Je tairai le personnage en question pour vous garder la surprise, mais j'étais étonnée par l'exercice de style et la façon dont cela collait au narrateur. Melissa Bellevigne a su donner assez de charisme à ses personnages pour que leurs voix ne se ressemblent pas et que le lecteur n'éprouve pas le sentiment de se perdre dans la narration. C'était un changement de décor réussi, qui m'a emportée ailleurs le temps de quelques pages.
Point noir dans ma lecture : le caractère plutôt revêche de Judy. Si j'ai aimé l'histoire de cette jeune femme, sa dualité, jusqu'au dénouement de Paranoïa, elle m'a légèrement pesé sur le système. Je la trouvais injuste de gérer ainsi ses troubles, elle m'irritait à être toujours sur la défensive. Pourtant, je me reconnaissais souvent dans son besoin de solitude, dans son besoin d'être entendue, dans les troubles qu'elle ressentait. Paradoxal, n'est-ce pas ?
Mais les histoires d'Alwyn et de Lisa ont pour moi été les plus convaincantes. Alwyn est un personnage mystérieux, aussi secondaire que principal. Il semble être aux côtés de Judy depuis qu'elle est petite et longtemps je me suis interrogée sur son rôle. Qui est-il vraiment ? Melissa Bellevigne laisse un certain flou sur ce protagoniste, qui entretient pour beaucoup son aura mystérieuse (ainsi que celle - un peu fantastique - de Paranoïa). Quant à Lisa, tout est plutôt limpide de son côté. Psychiatre réputée, elle est cependant confrontée à un problème de taille avec Judy... Au fur et à mesure que leur relation se tisse, on sent naître chez Lisa une forte obsession, bien loin du détachement professionnel qu'elle est censée conserver. Et là encore, l'auteur ne nous apprend les tenants de cette obsession qu'au compte goutte.

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
« - Je me suis rendu compte que la vie est un paradoxe. Que les gens passent sans se préoccuper des autres, sans savoir ce qui se trame derrière certaines portes. Que le temps passe vite, trop vite, qu'on le choix une seconde, et, la suivante, tout nous tombe dessus, qu'on ne contrôle plus rien. Je crois que j'ai peur de passer à côté de toi, à côté de nous... »

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Melissa Bellevigne signe avec Paranoïa un premier roman réussi ! Et pour une fois qu'une fin ouverte ne me prend pas au dépourvu, c'est à noter ! Tout au long de ma lecture, l'auteur et ses personnages m'ont interrogée sur la frontière entre hallucinations et réalité, folie et convictions. J'ai beaucoup aimé me plonger dans ce roman, dont le résumé n'offre qu'un petit aperçu et qui renferme tellement une fois qu'on passe la porte de la couverture. S'il y a eu un petit bémol avec Judy dans les premiers temps, les personnages de Lisa et Alwyn rattrapent formidablement le coche. Le tout avec une plume qui est loin de laisser indifférent et une tension maîtrisée !


Challenge jeunesse/young adult : 17/65

mardi 3 juin 2014

=> Les papillons rêvent-ils d'éternité ? - Sandra Labastie <=

Les papillons rêvent-ils d'éternité ? Ce titre plein d'innocence m'a fait sourire, émerveillée. Dès que je l'ai lu, il y a eu un déclic en moi et j'ai été aussitôt curieuse de savoir ce qu'il cachait. Le résumé évoque la fin du monde, vue par une jeune fille de 13 ans, au sein d'une communauté de croyants. Je suis passée de curieuse à désireuse... puis à lectrice. Revenons ensemble sur cette expérience. 


Éditeur : Michel Lafon 
Genre : contemporain
Nombre de pages : 171
Date de parution : 03/ 04/2014
Prix : 14,95€

Résumé : 
"« Cette journée du 1er janvier, la première de la dernière année du monde, il s'est passé quelque chose de spécial entre nous, les élus. C'était comme au printemps, quand on devient joyeux sans comprendre pourquoi. C'est la dernière année de souffrance, a dit papa. Bientôt, on sera libérés. »
Les saisons se succèdent et les croyants se préparent à la fin des temps. Parmi eux, une jeune fille de 13 ans contemple la condition humaine dans ses craintes et ses obsessions, dans sa surprenante capacité d'imagination pour triompher d'une vie sans espérance."

Avis :
Honnêtement, je ne savais pas trop sur quel pied danser avec ce roman avant d'en commencer la lecture. Une jeune fille de 13 ans pour narratrice, ça peut mettre sur ses gardes. Le style sera-t-il trop enfantin ? Mais cette adolescente n'est pas seulement jeune, elle est aussi une élue, parmi des croyants. Je tique parfois sur des romans en rapport avec la religion. Est-ce que ce sera la même ici ? Les premières lignes ont immédiatement dissipé mes doutes et mes questions. Une fois ma lecture entamée, j'étais dans un autre monde, j'avais d'autres croyances. Les papillons rêvent-ils d'éternité ? Je me pose encore la question, même si je pense que ce roman a apporté un début de réponse... 

Nous ne connaissons pas son prénom, nous sommes étrangers à sa vie et sa communauté, mais elle nous livre son histoire, en toute innocente, dans toutes ses vérités. Du haut de ses 12, puis 13 ans, notre jeune narratrice nous raconte sa dernière année sur Terre, puisque la fin du monde est pour bientôt. Avec ses frères et ses soeurs, elle fait partie des élus, ceux que Dieu sauvera après l'Apocalypse. Chaque journée passe dans l'attente de cette fin, sous les humiliations et les moqueries de ceux qui ne comprennent pas, ceux qui ne croient pas. Mais l'héroïne est à un âge où les questions se multiplient, où le regard évolue...

Le roman est découpé en quatre parties, qui correspondent chacune aux saisons qu'il reste avant la fin du monde. L'hiver. Le printemps. L'été. L'automne. La fin. Chaque saison se succède amène son lot de secrets, de découvertes, de réponses, de questions, au sujet de notre narratrice, de sa famille, de sa communauté.
Sandra Labastie, à travers son personnage, revient sur le culte et ses dérives, ses limites aussi. Avec les yeux d'une enfant, avec cette voix innocente et fluette, elle nous montre la zone floue où foi et folie se mêlent, où chaque mot a plus d'un sens et une langue plusieurs facettes. L'auteure [l'enfant ?] a cette plume délicate, fragile, mais en même temps si réelle. J'ai très vite été prise par les mots, les tournures employées. A aucun moment les réflexions sur les croyances ne m'ont dérangée. J'étais avide d'en savoir plus, d'en lire plus. Je voulais voir jusqu'où la foi pouvait conduire ces individus, et jusqu'où ils la laisseraient guider leur vie. 
Tout du long, le lecteur est dans la tête d'une jeune narratrice. Tout est écrit à la première personne, notre narratrice n'est jamais nommée. L'effet était si prenant, et facilité par l'écriture, que je n'ai eu aucun mal à rentrer dans le récit, à me sentir liée à cette jeune fille. La forme y est sûrement aussi pour quelque chose. L'on pourrait se croire face à une sorte de journal intime, sans les us qui vont avec, le seul marqueur de temps étant la découpe du roman. Je tournais les pages sans les voir, captivée, confondant parfois l'histoire à ma vie. C'est simple, le temps de la lecture, quelque soit notre religion, on l'oublie... pour se mettre à la place de la narratrice.
Notre héroïne est donc une jeune fille, treize années à peine, au regard neuf et intelligent. C'est la plus jeune de sa communauté, elle peine à se faire des amis puisque les incroyants se moquent d'elle, puisqu'on la voit comme une enfant parmi ses frères et soeurs. Et c'est à nous qu'elle va se confier. Comme tout à chacun, elle se pose des questions sur ce qui l'entoure, cherche à comprendre le monde et à se comprendre. Selon la communauté, toutes ses réponses sont dans la Bible. Mais, faute d'y trouver ce qu'elle veut, elle regarde ailleurs, s'interroge davantage. Elle doute, elle expérimente. Lentement, elle s'éloigne des préceptes de sa communauté, et on la découvre, oscillante, dans un entre-deux : elle est à la fois croyante et incroyante, ses secrets la rapprochant du Diable, sa culpabilité la reconduisant dans les bras de Dieu. 
Elle m'a beaucoup touchée, cette jeune fille. Perdue au sein de sa communauté, perdue aux yeux des incroyants, elle se cherche sans se reconnaître nulle part. Elle a soif de vérités, rien de plus, mais les réponses de ses parents ne conviennent pas, ni celles de sa religion. C'est ainsi qu'on la voit grandir, plus vite qu'une fille de son âge, confrontée aux regards des autres, privée de liberté et ployant sous le poids des responsabilités de la foi. Elle ne peut rêver d'avenir, il n'y en aura pas. Elle ne peut faire ce qu'il lui plaît, Dieu pourrait ne pas l'accepter. Elle ne peut faire comme les autres, ce serait rejoindre le Diable. Que lui reste-t-il, à part vouer sa dernière année à ce qu'Il veut, à ce que souhaitent ses frères et soeurs ? Enfermée dans ce carcan, on la regarde, tantôt admiratif, tantôt impuissant, mûrir trop vite et quitter l'innocence qui caractérise son âge. 

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre : 
"Sur le haut du carton, il y a un grand livre fascinant avec une image sexuelle, Les Positions du Kama Sutra. Heureusement, c'est un dessin. Blanche a vu que j'avais vu. Elle me regarde, un peu gênée. 
« Que veux-tu, il vit sa vie », dit Blanche, comme pour s’excuser. Le fils rit. « Et j’espère qu’elle vivra la sienne. »
Cette phrase me poignarde. Je suis envahie par une immense tristesse. Comme si j’étais condamnée au fond d’un puits."

Un immense merci aux éditions Michel Lafon pour cette découverte !
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Sandra Labastie, sous forme d'un récit court et émouvant, revient sur la croyance et ses extrémités, sans pour autant noyer le lecteur de religion. Les papillons rêvent-ils d'éternité ?, portée par une fille de 13 ans, est teinté d'émotions et d'authenticité, dominé par une justesse et une écriture qui font de ce roman une lecture agréable et intense. Nul doute, je vous le recommande !