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mercredi 27 juillet 2016

=> Aujourd'hui est un autre jour - David Levithan <=


Éditeur : Gallimard Jeunesse
Traducteur : Simon Baril
Genre : YA, fantastique, romance
Public : dès 14/15 ans
Nombre de pages : 365
Date de parution : 16/06/2016
Prix : 17,50 euros

Résumé
"Aujourd'hui est un jour comme les autres pour Rhiannon. Alors pourquoi Justin, son petit ami d'ordinaire distant et lunatique, semble-t-il la voir pour la première fois ? Ensemble, ils vont vivre une journée parfaite - dont le garçon n'aura aucun souvenir le lendemain. Mais tout s'explique lorsque Rhiannon fait la rencontre d'A, qui lui raconte se réveiller chaque matin dans un corps différent et être tombé amoureux d'elle en occupant celui de Justin.
Mais peut-on s'attacher à un garçon qui est chaque jour un autre ?"

Avis
En 2014, je terminais A comme aujourd'hui le sourire aux lèvres et des larmes au coin des yeux. Certaine qu'A serait l'un des personnages les plus marquants de ma vie de lectrice. Avec Aujourd'hui est un autre jour, David Levithan revient sur l'histoire d'A, mais du point de vue de Rhiannon. Si dans un premier temps, j'espérais une suite et pouvoir enfin apprendre ce que devenait A, je n'ai pourtant pas été déçue de revivre en fait la rencontre entre A et Rhiannon, et les semaines qui ont suivies. Ni même que David Levithan s'arrête une seconde fois au même endroit. Un peu frustrée, peut-être, mais tellement amoureuse de ce second tome/changement de point de vue totalement PAR-FAIT !

mercredi 27 avril 2016

=> Will & Will - David Levithan & John Green <=


Éditeur : Gallimard 
Collection : Scripto
Traductrice : Nathalie Perrony
Genre : YA, contemporain
Public : dès 15 ans
Nombre de pages : 384
Date de parution : 21/08/2014
Prix : 15€

Résumé
« Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors, dans la vie, autant se faire discret. Son meilleur ami, Tiny Cooper, est à la fois une bénédiction et une vraie plaie : ami fidèle et rayonnant, il est aussi ouvertement gay que corpulent et n'a pas l'habitude de passer inaperçu.
À l'autre bout de la ville, un adolescent en pleine déprime assume mal sa différence. Le hasard veut qu'il se nomme lui aussi Will Grayson... »

Avis :
Avant de découvrir Will & Will, je voulais en savoir plus sur David Levithan - John Green étant déjà un de mes auteurs chouchous, c'était réglé pour lui. Ce fut chose faite avec le merveilleux / beau / émouvant / incroyable A comme aujourd'hui. Pourtant, ce n'est que tout récemment que j'ai enfin ouvert Will & Will, mais certaine de faire une bonne découverte... Et c'est un roman à quatre mains fabuleux !

Will Grayson a deux règles de vie : ne jamais trop s'investir et toujours la fermer. Il donne le minimum de lui, surtout de ses sentiments. À l'inverse, son meilleur ami, Tiny Cooper, déborde d'émotions - il change aussi de copain tous les jours. Quand celui-ci décide de le caser avec Jane, Will commence d'abord par se braquer totalement. Puis il rencontre, dans un décor un peu particulier, un autre Will Grayson, dépressif. Leur rencontre pourrait bien tout changer...

Si le simple nom de John Green m'avait suffi à l'achat de Will & Will [confiance aveugle bonjour], après avoir lu le résumé, je me demandais quand même un peu dans quoi je m'étais lancée. Et c'est sûrement ce qui a fait que j'en ai souvent reporté la lecture. Il s'est finalement présenté le mois dernier, comme une évidence. Je voulais le lire, tout de suite, maintenant, et cesser enfin de reporter cette découverte. La peur d'une histoire décevante, d'une mauvaise alchimie, ne me ferait plus reculer. J'ai donc fait taire tous mes doutes et ouvert Will & Will, avant de dormir. Si je ne l'ai pas fini dans la nuit même, il m'a tout de même fait veiller plus que je ne le pensais.
Le lecteur fait rapidement la connaissance du premier Will Grayson. C'est un adolescent assez discret, qui montre peu/pas du tout ses sentiments et a un code de conduite plutôt stricte. Il ne montre rien, jamais, sinon une sorte de dépit, un air un peu blasé, qu'il trimbale de salle de cours en salle de cours, qu'il garde même face à son meilleur ami, Tiny. Tiny qui est tout le contraire de Will : enjoué, gay et amoureux, tous les jours, d'une personne différente. Ses histoires d'amour dépassent très peu les 24h, et il ressent tout, exprime tout, puissance mille. Malgré leur différence, ils sont amis depuis le collège. Une amitié intense, rayonnante, qui pousse Tiny à faire une pièce de théâtre dont il est le personnage principal mais qui ne peut pas ne pas être accompagné de Will, malgré tout ce que ce dernier en dira.
Au chapitre suivant, c'est le second Will Grayson qu'on rencontre. Adolescent dépressif, il ne voit que le négatif de sa vie. Son père absent, des gens tristes, sa maison pas tip top,... Même Maura, l'une de ses rares connaissances, n'y peut rien - et elle est aussi malheureuse que lui. La seule personne à lui mettre un peu de baume au coeur, c'est Isaac, rencontré sur Internet, avec lequel il échange tous les jours. Duquel il a fini par tomber amoureux. S'il cache d'abord sa sexualité, sa rencontre avec Will Grayson, va être le point de départ d'une nouvelle histoire...
On distingue assez facilement les passages d'un Will à l'autre. Non seulement on change de chapitre, mais la ponctuation se différencie aussi. L'effet visuel, sur le coup, m'a un peu déstabilisée : plus de majuscule et des dialogues façon pièce de théâtre. Passées ces différences, on comprend pourtant ce qui relie ces deux Will - outre qu'ils possèdent les mêmes nom et prénom. Ce sont deux jeunes un peu paumés, qui ne savent pas quoi faire de leurs sentiments, ni comment les exprimer. Leur rencontre, dans un sexshop, est assez étonnante, pour le lecteur comme pour eux. S'ensuit une sorte de point de non retour, comme si elle marquait le début d'une certaine prise de conscience. Ils se parlent comme deux inconnus qui finalement se connaissent depuis toujours mais ne se reverront jamais : que perdent-ils à tout se révéler alors ?
Et j'ai aimé ! J'ai aimé l'exubérance de Tiny, l'introversion de Will 1, l'évolution de Will 2 - bien qu'elle ne soit pas le seule. Will & Will, c'est un roman où les choses ne restent pas figées : les personnages, leurs attitudes, les sentiments. Où l'homosexualité n'a rien de tabou, elle est, dans ce qu'elle a de plus quotidien et normal. Où l'amitié est entière, sincère et forte, malgré ce qu'il faut parfois traverser. Et, finalement, je me suis laissée convaincre par ce roman à deux voix, à quatre mains, riche en émotion, en humour et en intensité.

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
« Je crois juste que lorsqu'on ne dit pas la vérité à quelqu'un, cette vérité finit par s'éteindre d'elle-même... »

~~~~~~
John Green et David Levithan signent avec Will & Will une très belle collaboration, en plus d'un roman magnifique ! Si j'avais peur au début de leur écriture à quatre mains, je suis finalement rassurée et prête à les relire quand ils veulent, ensemble ou séparément. J'avais besoin de retrouver ces deux auteurs, bien trop silencieux en ce moment - même si la suite de A comme aujourd'hui approche en VF ! Will 1, Will 2 et Tiny sont des personnages qui réchauffent le coeur, grâce à leur amitié, leur prise de conscience, ce que chacun éveille en nous. Plus qu'une histoire d'amitié, Will & Will invite à prendre conscience de ses émotions, à les révéler et à apprécier l'autre, ses défauts comme ses qualités. 
Et c'est pour cela que je le conseille vivement

Chez les copines : 
Little A /

Challenge jeunesse/young adult : 18/65

mercredi 5 août 2015

=> Invisibilité - Andrea Cremer & David Levithan <=

Depuis un certain roman, A comme Aujourd'hui, je suis aux aguets dès que j'entends le nom de David Levithan. Alors, savoir qu'un nouveau titre de sa plume allait paraître en juin, forcément, j'ai suivi cela de près. Jusqu'à sa sortie. Aujourd'hui, je vous retrouve pour vous parler de Invisibilité, écrit par David Levithan et Andrea Cremer. Un auteur que je voulais relire et une auteur que j'ai découverte. Verdict ?

Éditeur : Michel Lafon 
Traducteur : Philippe Mothe
Genre : YA, fantastique
Public : dès 14 ans
Nombre de pages : 432
Date de parution : 11/06/2015
Prix : 15,95€

Résumé
« Stephen est invisible depuis toujours.
Une malédiction impossible.
Jusqu'au jour où Elizabeth le voit.
Elle seule peut briser le sort.
Au risque de les séparer à jamais. »

Avis
C'est toujours quelque chose de s'apprêter à retrouver un auteur qu'on aime d'amour. On a tellement d'attentes, même inconsciemment : on espère que la magie fonctionnera à nouveau, qu'il réussira à nous transporter comme il l'a déjà fait. Et on fonce les yeux fermés sur cette valeur sûre. Des fois, tout fonctionne comme la première fois ; d'autres fois, ça se complique... Invisibilité, je l'ai aimé, mais pas complètement. Stephen, je l'ai adoré, mais pas complètement. L'histoire, elle m'a emballée, mais pas complètement. Que s'est-il donc passé ? 

Stephen est invisible depuis toujours. Ses parents ne l'ont jamais vu. Il ne s'est jamais vu. Jusqu'au jour où Elizabeth emménage sur son pallier. Sans qu'ils sachent pourquoi, cette jeune fille est capable de le voir, de l'entendre, de le toucher. Stephen n'est plus vraiment seul. Mais cette découverte s'accompagne rapidement de questions, qui seront suivies de réponses... Elizabeth pourrait délivrer Stephen de son invisibilité. Une délivrance qui a un prix.

Invisibilité est un roman qui m'a prise de court, dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. J'avais hâte de retrouver la plume de David Levithan. J'avais hâte de découvrir celle d'Andrea Cremer. J'avais hâte de pouvoir lire ce titre, cette histoire qui semblait bien particulière, un brin fantastique. Pourtant... J'ai été perdue par endroits, ennuyée à d'autres, pas totalement convaincue par certains personnages, par certaines de leurs actions, mais j'étais malgré tout incapable de lâcher ce roman, de le refermer sans en connaître le fin mot. 
L'intrigue, premièrement centrée sur l'invisibilité de Stephen, m'intéressait énormément. Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais le sujet me parlait beaucoup. De même qu'on a rêvé un jour d'immortalité, on rêve aussi parfois de pouvoir disparaître des yeux de tous dans certains moments. Pour Stephen, c'est au quotidien... Ce qui avait de quoi soulever chez moi moult interrogations. D'autant plus que Elizabeth est l'unique personne capable de le voir. Pourquoi ? Comment ? Par la suite, les auteurs ont étoffé l'intrigue, l'ont complexifiée, ce qui n'a pas toujours été une partie de plaisir.
Sans grande surprise, on apprend que Stephen est victime d'une malédiction, que seule Elizabeth peut arrêter. Jusque là, les tenants et aboutissants se tenaient pour moi. J'ai toutefois trouvé par la suite les explications un peu pompeuses, parfois pas très claires. Les auteurs m'ont perdue dans de nombreux détails [trop de détails ?], si bien que cet univers qui me plaisait, cette touche de fantastique tout à fait charmante, m'a finalement ennuyée. Puis le sujet a entraîné quelques longueurs, et j'ai été doublement ennuyée
Ce qui m'a retenue, c'est le personnage de Stephen, son invisibilité et l'idée de base d'arrêter sa malédiction. Malgré les longueurs que cela a pris, je voulais savoir ce qui lui arriverait, s'il lui serait un jour possible de se voir et d'être vu. Parce que j'ai beaucoup aimé ce personnage, d'abord timide et en retenu, un peu passif, mais ensuite avide d'avoir la vie qu'on lui a en quelque sorte volé. Son histoire est du genre chargée, pleine d'émotions, et je me suis rapidement laissée attendrir. Il en est allé de même pour le personnage de Laurie. A l'inverse, j'ai beaucoup coincé avec Elizabeth. C'est une protagoniste que j'ai eu du mal à suivre alors qu'elle avait un fond intéressant. Et je pense que c'est de son point de vue que l'intrigue amoureuse entre Stephen et elle m'a semblé trop rapide.
Bref, Invisibilité aura été une lecture en dents de scie... Je me prenais régulièrement à espérer les chapitres du point de vue de Stephen, puisque la narration est alternée entre le sien et celui d'Elizabeth. Mon amour pour David Levithan ne fléchit pas, je reste toujours curieuse de retrouver Andrea Cremer. Le final, même s'il m'a beaucoup plu, n'aura pas réussi à rattraper les quelques bémols de cette lecture. L'intrigue me promettait de l'originalité, il y en a eu ; une romance, il y en a eu ; des personnages à la vie trouble, il y en a eu. Mais je n'ai pas pu accrocher complètement au récit. 

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre : 
« Tantôt je reste assis sur un banc plusieurs heures d'affilée. Tantôt je me promène. A chaque instant, j'observe. Les touristes et les habitués. Les gens qui sortent leur chien tous les jours à midi pile. Les bandes d'adolescents où chacun cherche bruyamment à attirer l'attention des autres. Les personnages âgées qui demeurent assises elles aussi, l'oeil aux aguets, comme si elles avaient tout leur temps alors qu'au fond elles savent qu'il n'en est rien. Tous, je les vois. J'entends leurs conversations, je suis le témoin de leurs ruminations intimes. Je ne prononce jamais une parole. Leur esprit est accaparé par les oiseaux, les écureuils, le vent.
Je n'existe pas. Et pourtant j'existe. »

~~~~~~
Invisibilité d'Andrea Cremer et de David Levithan n'aura pas totalement opéré avec moi ! Tantôt touchante, tantôt ennuyante, l'histoire de Stephen et d'Elizabeth monte rapidement dans les tours, à la façon d'un coup de foudre - qui m'a paru trop facile. Par la suite, les auteurs m'ont perdue dans trop d'explications et certains chapitres parfois longs. J'ai tout de même passé un moment sympa, mais pas aussi bon que celui auquel je m'attendais. Le récit reste bien mené, assez captivant en tout cas pour m'avoir donné envie de poursuivre ma lecture jusqu'au bout. 
Et si votre amour habitait sur le même pallier que vous, mais qu'il était invisible...

+ Je remercie les éditions Michel Lafon pour cette lecture

Chez les copinautes :
Léa Touch Book

samedi 25 octobre 2014

=> A comme Aujourd'hui - David Levithan <=

Je ne sais pas si j'ai envie d'écrire cet avis, tout de suite, à chaud, alors que je viens juste de finir A comme Aujourd'hui de David Levithan. Je ne sais pas si je veux tout de suite poser des mots sur cette lecture, sur ce qu'elle m'a fait ressentir, sur ce qu'elle a bouleversé en moi. Mais ce que je sais, c'est que j'ai besoin de faire revivre A, encore un instant. Ce dont je suis certaine, c'est que je ne veux pas le quitter. Qu'il est trop tôt. Et que dans bien des années, je me souviendrai encore de lui. Est-ce que je l'ai croisé ? Est-ce que je le croiserai ? Je viens de finir A comme Aujourd'hui et je ne sais plus comment je vais. 

Éditeur : Les grandes personnes
Éditeur poche : Gallimard/Pôle fiction
[Grand format] - [Format poche]
[Lien auteur] - [Page facebook]
[Extrait VO]
Genre : roman, fantastique, YA
Public : dès 14/15 ans
Nombre de pages : 368
Date de parution : 12/09/2013
Prix : 17€

Résumé
"Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, et ne dispose d'aucun moyen de savoir où, et qui sera son hôte. Une seule chose est sûre : il n'empruntera cette identité que le temps d'une journée. Aussi incroyable que cela paraisse, A a accepté cet état de fait, et a même établi plusieurs règles qui régissent son existence singulière : ne pas s'attacher ; ne pas se faire remarquer ; ne jamais s'immiscer dans la vie de l'autre.
Des préceptes qui resteront siens jusqu'à ce qu'il se réveille dans le corps de Justin, 16 ans, et qu'il fasse la connaissance de Rhiannon, sa petite amie. Dès lors, plus question de subir sans intervenir. Car A vient enfin de croiser quelqu'un qu'il ne peut laisser derrière lui, ce jour-là, le suivant, jour après jour..."

Avis
A comme Aujourd'hui est entré dans ma PAL par hasard, parce que le résumé m'intriguait énormément. Le hasard a ensuite voulu que ma D.S.B. me le choisisse comme lecture pour notre pioche du mois d'octobre. Je suis dans les temps, pour une fois. Mais, pour être honnête, j'aurais voulu ne jamais finir ce roman. A comme aujourd'hui est le genre de livre dont on savoure l'histoire, dont on apprécie chaque ligne. Mais qui ne devrait pas avoir de point final. Voilà l'exception à l'expression : toutes les bonnes choses ont une fin. 

A se réveille chaque matin en étant une personne différente. D'aussi loin que remontent ses souvenirs, sa vie a toujours été ainsi. Il passe sa journée dans un corps, et le lendemain dans un autre, toujours ailleurs, fille ou garçon, mais jamais la même personne. Et A s'y est fait. Jusqu'à ce qu'il rencontre Rhiannon et qu'il veuille plus. Plus qu'une journée avec une même apparence. Plus d'instants avec la jeune fille. Parce qu'il est tombé amoureux. Et que pour elle, il voudrait pouvoir vivre autrement pour la première fois depuis seize ans. 

Je l'ai fini et j'en veux plus. Je veux encore plus de A. Je veux encore plus de Rhiannon. Je veux comprendre cet univers, la façon dont David Levithan a créé A. Je veux savoir d'où vient A. Je veux savoir pourquoi sa vie est ainsi. Je voudrais résoudre son problème. Je voudrais lui donner une vie, quitte à ce que ce soit la mienne. 
Au début, j'ai eu un peu peur que ça ne colle pas, qu'il y ait trop de gêne [de ma part] vis-à-vis de l'histoire de A. Mais dès la première ligne, il y avait ces mots... J'ai déjà lu David Levithan, mais en co-écriture, avec Une nuit à New-York. J'étais pourtant loin de m'attendre à ça. Et la gêne s'est évanouie. De phrase en phrase, j'étais séduite par la plume de David Levithan, par la beauté qu'elles possédaient, par l'intensité de ses mots. Chacun d'eux est magique, et leur ensemble, merveilleux. Magnifique ne serait pas assez pour décrire l'écriture de l'auteur, que je n'ai pas adorée. Non, c'était quelque chose de plus fort que ça. Quelque chose que l'on ressent mais sur lequel on ne peut pas mettre de mots
Si j'ai eu peur d'être gênée par l'histoire de A, c'est parce que je pensais naïvement qu'il serait ou garçon ou fille. Bien qu'il n'est pas de corps fixe, je pensais qu'il restait ou l'un ou l'autre. Alors quand je l'ai vu passer de fille à garçon et inversement, j'ai d'abord eu un recul. Je ne m'attendais pas à ce que l'histoire parle de transgenre. Mais très vite, j'ai bien remarqué que ce n'était pas non plus l'idée du roman. A comme Aujourd'hui veut surtout nous parler d'amour, sous sa forme la plus pure, le sentiment. Parce qu'aimer n'est pas qu'une question d'apparence, mais plutôt de perception, de ressenti, de ce que nous apporte l'autre. Qu'importe à quoi il/elle ressemble. On ne tombe pas amoureux d'un corps, on tombe amoureux d'une âme.
Je me concentre sur l'histoire d'amour de A, mais il y a tellement plus que ça dans ce livre... A travers les corps et les personnalités qu'emprunte A au fil des jours, David Levithan évoque aussi avec finesse et génie la difficulté d'être un adolescent et la difficulté des relations entre adolescents, qu'elles soient amoureuses, amicales ou familiales. Comme A, nous sommes confrontés à quelqu'un de différent, avec ses problèmes, ses défauts, ses qualités, ses relations, et grâce à lui, nous avons un regard presque intime sur ces personnes, qui tantôt nous reflètent, tantôt nous surprennent. Mais qui sont avant tout tellement concrètes
A m'a éblouie. A m'a émerveillée. Je suis tombée amoureuse de A, ce personnage qui prend sa vie comme elle lui arrive, qui n'a pas posé les armes alors que son quotidien change chaque jour. A m'a aussi chamboulée. A m'a bouleversée. Aucune attache, aucune ancre, A n'a pas vraiment connu de parents, ne possède rien de fixe, il garde juste des souvenirs de ses meilleures journées, ça lui suffit. Son histoire m'a émue au-delà des mots. C'est un personnage tellement pur, tellement sincère. Sa vision du monde m'a tout de suite fascinée. Quant à Rhiannon... Je crois qu'elle nous représente un peu tous. C'est à travers elle qu'on voit une possible relation avec A, et c'est une fille qui nous correspond, à qui on s'identifie rapidement et sans mal. Pour les personnages secondaires, je ne peux en dire plus, pour ne spoiler personne, mais j'ai bien eu envie de distribuer des claques par moments, d'en secouer d'autres. 
Après avoir tourné la dernière page, la question qu'on peut se poser c'est : est-ce que je serais capable d'aimer quelqu'un qui change sans cesse de corps ? On aime se dire que l'amour ne se limite pas à une question de physique, on parle souvent de beauté intérieure. Ce roman en est l'illustration même
Mais personnellement, la première question qui m'est venue tout de suite, c'était entre la question et cri de frustration [heureusement que j'étais seule]. Je me suis tellement prise dans l'histoire de A que quand vient le dernier jour, le dernier chapitre, je n'étais absolument pas prête. Et je sais que je ne le suis toujours pas. Pourtant, le final est aussi beau que tout le reste du roman. Je n'en ressors pas déçue que les choses s'arrêtent, j'en ressors simplement avec l'idée qu'elles ne devraient pas s'arrêter.

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
"Je commence à comprendre qu'une vie n'est réelle que si quelqu'un atteste sa réalité. Et je veux que ma vie soit réelle.
Je me suis habitué à cette vie - quelqu'un d'autre pourra-t-il l'accepter ? 
Si elle croit en moi, si elle sent, comme moi, la présence de l'infini, elle croira ce que je vais lui dire. 
Si elle ne croit pas en moi, si elle ne sent pas l'infini, alors elle me prendra pour un de ces cinglés qui courent les rues. 
Je n'ai pas grand-chose à perdre. 
Et pourtant, j'ai peur de tout perdre."

~~~~~~


A comme Aujourd'hui de David Levithan est un roman dont je ne ressortirai pas. C'est plus qu'un coup de foudre, plus qu'un coup de coeur. Ce que j'ai ressenti est indéfinissable et ne peut que se vivre. Alors je vous invite à le vivre également. 




+ Une suite, Another day, est sortie l'été 2015 [VO]
MàJ : Gallimard Jeunesse a acquis les droits de Another day ! À retrouver en VF le 16/06/16 sous le titre Aujourd'hui est un autre jour. Pour rappel, il est écrit du point de vue de Rhiannon.