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mardi 22 avril 2014

=> La Symphonie des Abysses [Livre I] - Carina Rozenfeld <=

Dimanche dernier, départ pour la campagne profonde. Sous entendu : pas d'internet, pas de réseau téléphonique [ou presque] et quasiment pas de télé. Du coup, ça a donné une Mag qui quand elle ne dormait pas ou n'aidait pas à droite à gauche, lisait, lisait, et lisait. Bon, le résultat n'en est pas bien glorieux : seulement deux livres lus. Mais j'ai enfin pu tourner la dernière page du Livre I de La Symphonie des Abysses de Carina Rozenfeld... Après en avoir entendu tout et son contraire, même si ce n'est pas un coup de coeur pour moi, ce n'est vraiment pas passé loin !


Éditeur : Robert Laffont
Collection : Collection R
[Extrait]  
Genre : roman, dystopie
Public : dès 15 ans
Nombre de pages : 468
Date de parution : 13/02/2014
Prix : 17,90€

Résumé
"VOUS PENSIEZ ÊTRE AU PARADIS ?
Un gigantesque atoll, des plages de sable fin, une eau turquoise...
Un mur infranchissable. 

IL VOUS FAUDRA D'ABORD VIVRE EN ENFER : 
Article 1 : Tout contact physique, toute marque d'amour sont proscrits.
Article 2 : Il est interdit de chanter, d'écouter ou de faire de la musique. 
Article 3 : Quiconque se livrera à ces activités illicites sera mis à mort."

Avis :
J'ai encore cette symphonie dans la tête, celle des abysses... Je n'en connais pas les notes, mais grâce aux mots de Carina Rozenfeld, j'en connais les saveurs, les effets. Ou tout du moins en ai-je la forte impression. Comme si j'avais pu percevoir les mélodies au travers d'Abrielle. Et elle me manque un peu. J'ai pu l'entendre mais ce n'est plus pareil maintenant que j'ai refermé ce roman. Abrielle. Ca. Et Sa. Tous ces personnages uniques et hors du commun que j'ai pu croiser au cours de cette lecture, qui m'ont livré leur histoire avec tellement de franchise, de force. J'ai hâte de les retrouver !

Abrielle vit sur une île qui a tout de paradisiaque, si on en oublie le mur qui l'entoure. A perte de vue, il impressionne, il fascine. Nombreux sont ceux qui ont tenté de découvrir ce qu'il cache, et en sont tombés, électrocutés. Si on oublie aussi les règles qui gouvernent la communauté, dont celle de ne pas chanter. Si on oublie enfin que tout s'y détériore, depuis que plus personne ne vient dans le village. Sa population se replie sur elle-même, incapable d'évoluer. Mais Abrielle n'est pas comme les autres, elle entend la symphonie des Abysses, ses mélodies qui montent de l'océan. Ces sons qu'elle ne peut pas reproduire sans enfreindre le règlement. C'est une réminescente. Et pour ça, elle devrai fuir tout ce qu'elle a toujours connu, et ceux qu'elle aime le plus...

J'ai découvert Carina Rozenfeld avec le diptyque Phaenix [Collection R également], dont je n'ai lu à ce jour que le premier tome... *shameonme* [Encore plus quand on sait depuis combien de temps la suite est dans ma PAL...] Et je suis tombée sous le charme d'une plume fascinante, envoûtante et dotée d'un rapport à la musique totalement inattendu, mais totalement enivrant. Dans cette histoire, comme dans La Symphonie des abysses, j'ai trouvé une légèreté dans l'écriture, une mélodie dans les mots. Et j'ai vécu une expérience magique !
Après s'être inspirée du mythe d'Eros et Psychée [pour Phaenix donc], Carina Rozenfeld se lance dans la dystopie et le transgenre. Sans trop savoir à quoi m'attendre et pleine de questions, je me suis lancée dans la lecture, entrant dans un monde original, occupé par des personnages fort intrigants, et j'ai plongé dans une intrigue pleine de secrets. L'atoll, tout d'abord. Je crois que je ne m'attendais pas à ça... L'univers dans lequel évolue les personnages est si clos, si refermé. C'est un endroit qui m'a très vite rendue curieuse, et dont je n'ai pas encore tout compris à la fin du roman [vivement le tome 2, qui promet d'être riche en explications ^^]. Et qui m'a aussi très vite mise mal à l'aise. Comment est-ce possible de vivre ainsi, dans un village qui agonise faute de se développer ? ou d'avoir les moyens de se développer ? J'ai été interloquée par la docilité de ce peuple qui accepte ses conditions et une vie sans musique... Wait, une vie sans musique ?! Pas chez moi en tout cas ^^ Sauf que Carina a réussi à rendre cela crédible, à faire que je puisse croire qu'il y ait une île oubliée quelque part, des gens qui acceptent de rester confinés faute de savoir comment sortir de leur bulle ou de ne pas en pouvoir... Puis, on ne parlerait pas de dystopie s'il n'y avait pas un élément perturbateur pour ébranler les certitudes de tous : et s'il n'y avait pas qu'un village dans l'atoll ? 
A cet instant, j'ai commencé à me lier à Abrielle. Déjà parce que c'est une réminescente, parce qu'elle écoute la musique et rêve de l'exprimer. J'ai beaucoup aimé le rapport à la nature et au chant qui traverse ce personnage, animé de croyance et de convictions. Enfin parce que c'est celle qui se soulève, peut-être à défaut, mais elle va faire bouger les choses, elle veut faire éclater la bulle. Elle est un peu rebelle, n'a pas les idées arrêtées. Je trouve que c'est le genre de protagoniste qui parle à tous, au moins un peu. Puis il y a eu Braden... Complexe, torturé, amoureux mais aussi contraint, soumis à de lourdes responsabilités, j'étais assez indécise à son sujet, avant de choisir de le détester définitivement. J'ai quand même eu un gros moment de doute, pensant sérieusement que son personnage pourrait connaître une amélioration. Mais il faut croire qu'on ne peut pas changer sa vraie nature, ni la faire disparaître longtemps.
Puis vient la deuxième partie du roman Je suis tombée folle des Neutres, mais surtout de Ca et Sa, ces deux iels de la Cité des Désex. 
A l'opposé du village qu'a toujours connu Abrielle, il en existe un autre. La Cité des Désex. Ici, pas d'interdiction concernant la musique, seulement concernant l'amour et les relations avec autrui. Seulement... Il est interdit d'aimer, ou encore de se tenir à moins de trente centimètres de quelqu'un. Comment est-ce possible ? Les jeunes, jusqu'à l'âge de 16 ans, n'ont pas de sexe : ce sont des Neutres. Avant leur anniversaire, ils se choisissent un prénom et un sexe, qu'ils se verront officialiser lors de leur Cérémonie. Ils deviennent alors adultes, prennent un métier et certaines femmes pourront choisir de porter un enfant. Toute procréation est, vous vous en doutez, artificielle. Donc, l'amour, dans tout ça, c'est bien superficiel, et la cité estime qu'elle peut s'en passer, notamment parce qu'elle s'en est toujours passé. Ca et Sa sont deux Neutres, proches de leur Cérémonie. Des personnages différents, mais ô combien complémentaires, que j'ai pris plaisir à connaître. Ils sont tellement... cute !
C'est un peu aussi la partie où les premières pages m'ont désarmée. Je me suis retrouvée face à des 'iels', iel', 'luiel', 'euels', à des êtres dont je ne savais s'ils étaient homme ou femme, ou même ce qu'ils voudraient être après leur Cérémonie. Et je les ai pourtant aimé à leur première minute. Après avoir compris que 'iel' était une contraction de 'il' et 'elle', c'est devenu un peu plus facile de les lire un peu partout, et de comprendre ce statut de Neutre, que je ne cernais pas tout à fait en commençant la deuxième partie. Carina nous offre là des personnages complètement nus [et c'est le cas de le dire...], qui se révèlent non pas par leur genre, mais par leur vraie nature, ce qu'ils sont au fond d'eux, bien loin qu'une simple question de sexe. Ou même de sexualité. C'est un aspect qui me les a rendus encore plus touchants, parce que tellement vrais, tellement simples. On ne peut pas s'avancer sur eux par des préjugés. Ce sont vraiment des personnages à part. Uniques. Argh, j'ai tellement envie de les retrouver...


Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
"- Je me demande si ça ne devient pas trop petit pour nous aussi, murmura Ca, dont les pensées suivaient un cours mystérieux pendant ces quelques instants.
- Que veux-tu dire par là ?
- Tu ne te sens pas étouffer, parfois ? La ville, sa rue, le Centre... Tout est toujours tellement... identique.
- Mais a-t-on le choix ? On pourrait quitter la ville, mais pour aller où ? On ne sait même pas ce qu'il y a en dehors de notre territoire. Et puis l'Anneau est circulaire, on finirait par en faire le tour et revenir ici...
- Oui, mais avant de rentrer, ça ferait une belle balade..."


La Symphonie des Abysses est assez loin de tout ce que vous avez pu croiser à ce jour en dystopie, et, amateurs du genre ou non, je vous le recommande vivement ! Tout n'est pas qu'une question de ruines, de guerre ou de pouvoir [ou tout du moins pas encore], Carina Rozenfeld propose une dystopie qui revient avant tout sur l'Homme et sur l'humain, l'amitié et l'amour hors pensées toutes faites.

Oubliez ce que vous savez et approchez-vous du Mur, demandez-vous ce qu'il renferme. Et n'oubliez pas : il n'y a pas de paradis sans enfer ;)
La suite en septembre !

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Merci ! Il est vraiment sympa. Pour certains, beaucoup de longueur et de description, mais j'ai adoré cet univers ^^

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