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vendredi 18 janvier 2013

=> Hate List - Jennifer Brown <=

Damned !! Ce roman est un coup de coeur 2013 Retour sur ma lecture de Hate List de Jennifer Brown.


Éditeur : Albin Michel 
Collection : Wiz
Genre : YA, tuerie, suicide
Public : dès 15 ans
Nombre de pages : 400
Date de parution : 01/02/2012
Prix : 15,20€

Résumé :
"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meurt. Est-ce qu'on me pardonnera un jour ? 
C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessées ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée..."

Avis
Vous me prendrez peut-être pour une mauvaise ou pour une sadique, mais je suis un brin frustrée par ce roman... Ne vous trompez pas, il m'a énormément plu [et émue aussi], sauf que j'ai un regret : ne pas avoir été dans la tête du tueur [ne me battez pas]. J'aurais aimé comprendre la mécanique, le pourquoi du comment. D'une certaine manière, ça apparaît clairement, Nick et Valérie sont les bouc émissaire de leur lycée, et le vase a fini par déborder. Qui ne se met pas en colère lorsqu'il se voit être la risée de tout un groupe ? Dans Hate list, le fait a juste été porté à son extrême. Parce que parfois, pour résoudre un problème, il suffit de le faire disparaître. Pourtant, j'aurais aimé en savoir plus, comment Nick est passé de la liste à l'exécution. Quels sont les déclics qui font passer le pas ? Comment se sent-on pendant cet instant ? Pourquoi retourner l'arme contre soi ? Et je suis juste frustrée par toutes ces questions, auxquelles je n'arrive pas à trouver de réponses. [Je ne suis pas une psychopathe, hein ;)]

Un jour, Valérie a commencé à écrire des choses, des noms, tout ce qu'elle déteste dans un cahier à spirale rouge. Puis Nick l'a vue penchée sur ce cahier. C'est alors devenu le leur et ils en ont fait la liste de la haine. A deux, ils ont rajouté des noms, imaginé des scénarios, trouvé la force de tenir. Ils échangent des mails, parlent de tuer des personnes. Tout restait fictif dans l'esprit de Valérie. Jusqu'au jour où la réalité dépasse la fiction : un matin, Nick ouvre le feu dans la cafétéria. Il blessera quelques élèves, en tuera d'autres. Et se suicidera, laissant derrière lui le doute, les questions. Et Valérie, seule...

Rien qu'au thème, je ne pouvais pas passer à côté de Hate List. Après les évènements de Newton, je me suis dit qu'il était temps de sortir ce roman de ma PAL [il n'y était que depuis le SLPJ ^^]. Grand bien m'en fit. Je suis retournée à mes amours littéraires, des romans pas comme les autres, qui osent parler de tabous, de ces choses qu'on ne dit pas, qu'on n'explique pas. Qui tentent de mettre des mots sur les maux. Parce que Valérie souffre. Elle a vu son petit ami tuer des gens et se donner la mort ensuite. Son monde éclaté dans le sang et le chaos. Elle se retrouve seule pour comprendre, devoir expliquer, vivre le deuil, supporter d'être encore là. Se reconstruire, en somme.
Valérie a beau se croire faible, je l'ai trouvée forte. Son personnage m'a séduite et entraînée dans le profond sillage de son chagrin. Même si le cas est extrême, chacun peut facilement s'y identifier. On est tous, à un moment, brimé par ses camarades, rejeté, écarté, blessé. C'est moche à dire, mais c'est comme ça. La méchanceté gratuite des uns, la liberté de se croire plus puissant pour d'autres. Alors qui n'y pense pas, à trouver un échappatoire à tout ça ? Valérie a seulement écrit des notes dans un cahier, un peu de réconfort, elle ne voyait pas les choses aller plus loin. Comment ne pas la comprendre ? Autour d'elle, des amis, des connaissances, et surtout sa famille et son psy. J'ai eu un faible pour lui, le personnage était vraiment réussi. Quant aux parents... j'ai détesté le père ! x| Je crois que j'aurais aimé connaître Nick un peu plus aussi. Les flash back de Valérie nous laisse voir une autre facette du personnage et il y a toute cette part d'interrogations...
Paradoxal de dire ça, vu le sujet, mais ce roman est une merveille ! Un coup de coeur 2013 Il a ce dénuement, cette manière de dire les choses sans rien cacher. Il est poignant, vif et plein d'émotions. L'auteure nous embarque dans l'intériorité de son personnage avec beaucoup de facilité. Sa plume reste belle, même lorsqu'elle dépeint le massacre. Et, on ne peut que garder le roman ouvert entre nos doigts. On tient à tout savoir, à en lire chaque page et à ne rien louper. Le lecteur accompagne Valérie dans sa reconstruction, dans l'acceptation de ce qui s'est passé, offrant au passage une formidable leçon d'humanité et d'amitié.
Et si on croit que l'histoire se devine, la fin reste pourtant un mystère, jusqu'aux dernières pages. J'avoue, j'ai pleuré pour ce roman, d'une telle justesse dans les moments les plus délicats. Il aborde tant de questions, tant d'idées, et il nous donne une réponse à certains maux que l'on peut avoir. L'avant, le pendant, l'après. Aucun instant n'est épargné, pour nous montrer l'évènement dans son ensemble. Il révèle que rien n'est facile, combien il faut se battre, comme il peut être dur de se pardonner. Mais surtout il nous prouve que nous ne sommes jamais seuls. Je ne saurais pas quoi dire de plus pour évoquer la richesse de Hate List... ce roman me fait perdre mes mots. Il demeurera longtemps en moi, quelque part à la limite de ma conscience. Je ne peux que le conseiller, à tous !


Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre : 
"Ils avaient passé l'été à poursuivre leur petite vie. J'avais passé le mien à essayer de reconstruire la mienne. 
J'ai jeté un oeil sur la cafétéria. Bizarre - rien n'avait changé. Les mêmes élèves étaient assis côte à côte. Les mêmes filles maigres mangeaient les mêmes salades. Les mêmes sportifs engouffraient des platées de protéines. Les mêmes bons élèves se faisaient discrets. dans leur coin. Le vacarme était toujours aussi assourdissant. Et M. Cavitt passait entre les table en répétant "Les mains au-dessus de la table, les enfants. Les mains au-dessus de la table !"
La seule chose qui avait changé, c'était moi."


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Faites comme moi, jetez-vous dessus et ne le lâchez plus ;)

mercredi 16 janvier 2013

=> Player One - Ernest Cline <=

En début de semaine, j'ai fini Player One d'Ernest Cline ! Le titre ne vous dit rien ? Ça ne tardera pas ;)


Éditeur : Michel Lafon
[Lien éditeur] - [Page facebook]
[Extrait]
Genre : dystopie, jeux vidéo
Public : dès 15 ans
Nombre de pages : 400
Date de parution : 24/01/2013
Prix : 17€

Résumé :
"2044. La Terre n’est pas belle à voir. Comme la majeure partie de l’humanité, Wade Watts passe son temps dans l’Oasis, un monde virtuel où chacun peut faire et être tout ce qui lui chante. Il rêve secrètement d’être celui qui décrochera le gros lot…
James Halliday, le créateur de l’Oasis, est mort quelques années auparavant sans laisser de successeur. Pour décider du sort de sa fortune, il a créé une véritable chasse au trésor. Battre des records à Pac-Man, réciter par cœur des paroles de Devo, et trouver les failles des jeux vidéo cultes : voilà l’unique moyen d’accéder à son héritage colossal. Des centaines de personnes ont essayé, en vain. Joueurs invétérés ou grands groupes corrompus, tous s’y sont cassé les dents.
Wade se dit qu’il serait peut-être capable de relever le défi. Et il résout la première énigme."

Avis :
Ce roman a été une très grosse surprise ! Au début, avant même d'avoir ouvert le livre, j'avais quelques appréhensions [racontesalife.com] : je ne suis pas particulièrement geek, ne même très attirée par l'univers des jeux vidéos ou des technologies. Quand aux années 80... je n'en sais pas plus ! Pourtant, j'ai accroché comme une accro au Player One et au récit d'Ernest Cline. Simplement parce que sous son apparence, ce roman n'est pas uniquement pour les geeks ;) Vous auriez tort de le croire, d'ailleurs. Player One, c'est un peu comme une anthologie de la culture pop et des jeux vidéo, liée à une histoire fictive complètement addictive où l'homme se sert du virtuel pour échapper à la réalité, pour se réfugier et continuer à vivre. Ce n'est pas seulement l'apanage des geeks : n'est-ce pas ce que nous faisons tous ? Nos blogs, nos réseaux sociaux, les forums, les sites de rencontres... n'avons pas déjà commencé à fuir la réalité ? En me posant cette question, j'ai commencé à m'intéresser davantage au roman et à m'y intégrer.

L'OASIS... [d'abord, je pensais toujours à la célèbre marque de boissons... ridicule, je sais...] a été inventée par James Halliday [là, on peut aussi penser Johnny... je sors ;)]. Il s'agit d'un jeu de réalité virtuelle où chacun peut se recréer une vie. C'est un lieu encore neutre, où le chaos n'a pas encore laissé de trace. Les enfants/adolescents y vont à l'école, les adultes y vont au travail. A sa mort, Halliday cache dans son jeu un Oeuf de Pâques : celui qui le trouve prendra les commandes de l'OASIS et héritera de sa fortune. Wade Watts se lance dans la quête...

Le lancement de l'histoire peut paraître un peu long sur les premières pages... Mais en fait, la structure du livre est formidablement bien pensée ! Avant de se lancer dans l'aventure, il est nécessaire d'en poser les règles et les enjeux, pour en percevoir les limites et mesurer toutes les conséquences. Vous ne rêvez pas, vous êtes au coeur d'un jeu ! du jeu ! Une fois les bases posées, l'action embraye très vite et le roman ne se lâche plus. Découper en chapitres [appelés niveaux... vous comprendrez pourquoi ;)], le lecteur suit Wade dans sa quête, qu'on compare souvent à la quête du Graal [comment ne pas penser à mon partiel de littérature médiévale pendant cette lecture : c'était impossible ^^]. Mais pas seulement : on suit aussi Wade dans sa propre évolution ! C'est un concept auquel je ne m'attendais pas d'ailleurs : les évolutions de Wade sont aussi liées à sa progression dans la quête. Vraiment très bien construit !
Wade, Wade, Wade,... Comment vous dire ? Il y a eu des hauts et des bas avec lui. Mais plus de hauts ;) C'est un personnage qui change au long du roman, qui grandit, murit et c'était très intéressant à voir ! Asocial, renfermé, discret, Wade habite dans les piles [sorte de bidonville, qui tient son nom du fait que ce soit un espace où tout plein de mobile home sont entassés les uns sur les autres... D'ailleurs, c'est ce qu'on voit en couverture du roman ;)], chez sa tante. Ça, c'est pour la vraie vie. Sur l'OASIS, il s'appelle Parzival, est chassoeuf [c'est nom donné aux chasseur de l'Oeuf de Pâques] et la risée de son lycée. Toute la puissance de personnage tient surtout dans sa quête, ses connaissances incroyables sur l'Oasis et sur Halliday. Il m'a bluffée, émue, agacée parfois. Au fil du roman, on découvre un autre Parzival que celui du début : il s'affirme, fait des rencontres, progresse. D'agaçant, à force de le voir par moment être spectateur de la quête plutôt que participant, il devient inlassable lorsqu'il est à fond dans ce qu'il fait et ce qu'il croit. Quant à son entourage, j'en suis tombée fan ♥ Et mention spéciale à Aech ! ^^
Ajoutez maintenant toutes les références sur les années 80, qu'elles soient culturelles, musicales, sur les jeux vidéo et les consoles,... vous commencez à visualiser un peu l'univers de l'OASIS ;) Pourquoi les années 80 ? Halliday était juste fan de cette période :) C'est un autre détail du livre que j'ai beaucoup apprécié ! C'est comme si on faisait un retour dans le passé. Je ne suis pas particulièrement geek, ni même années 80 et pourtant j'ai trouvé toutes les informations très enrichissantes, non seulement pour moi, mais aussi pour le roman. Cela lui donne une certaine profondeur et permet à la fiction d'avoir plus de réalité, de paraître plus concret. Effet totalement réussi ! Je suis ressortie de l'OASIS la tête pleine d'images, avec l'impression d'avoir joué moi aussi. Lire Player One a été une expérience incroyable et très vivante !

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
"Dans la vraie vie, je n'étais qu'un ermite asocial, un reclus, un geek au teint pâle, obsédé par la culture pop, un agoraphobe qui vivait confiné, sans véritables amis, famille ni aitre relation humaine authentique. Je n'étais qu'une de ces âmes tristes, perdues et solitaires qui gâchaient leur vie en la consacrant à un vulgaire jeu vidéo. 
Mais pas dans l'OASIS."

Ready Player One ?
Alors, le 24 janvier, prenez votre avatar et découvrez l'OASIS ;) 


Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour cette formidable lecture ♥


EDIT : pour ceux/celles qui voudraient entrer dans la légende et gagner une borne d'arcade, n'hésitez pas à cliquer sur le lien suivant :
http://www.playerone-lelivre.com/snake/scores

Que le meilleur gagne !

mardi 11 décembre 2012

=> La prophétie de Glendower - Maggie Stiefvater <=

Maggie Stiefvater revient dans nos librairies le 23 janvier 2013 [voilà pourquoi la fin du monde ne peut pas avoir lieu !! sans compter toutes les nouveautés de la Collection R ;)]  avec un titre fort alléchant et un premier tome très intrigant que j'ai pu lire en avant première grâce à Black Moon ♥ Merci !
Sans plus vous faire languir, voici ma chronique sur La prophétie de Glendower de Maggie Stiefvater :)


Éditeur : Hachette Livre
Collection : Black Moon
[Lien éditeur] - [Page Facebook]
Genre : fantastique
Public : dès 14 ans
Nombre de pages : 453
Date de parution : 23/01/2013
Prix : 18€

Résumé :
"Depuis l'enfance, Blue entend dire qu'elle tuera l'homme de sa vie... d'un simple baiser. 
Elle a donc résolu de ne jamais tomber amoureuse, ainsi le problème est réglé, la prophétie annulée. Pourtant, quelle se voit entraînée dans le groupe des Corbeaux, elle se met à douter. Car, à la tête de cette bande de riches étudiants, se trouve Gansey.
Or récemment, l'esprit de Gansey est apparu à Blue. Depuis, elle ne cesse de se remémorer la prophétie : "Il n'y a que deux raisons pour lesquelles un esprit peut t'apparaître, Blue. Tu dois être soit l'amour de sa vie, soit la cause de sa mort.""

Avis :
Je crois que pour éviter les déceptions [pour certains] et attirer les autres, je vais le dire [l'écrire] en premier lieu : ne vous fiez pas à l'accroche en couverture du roman ! Que ceux/celles qui n'ont pas envie de le lire en pensant tout de suite "Une énième histoire d'amour..." soient prévenus ;) & que ceux/celles qui s'attendent à en retrouver de la romance dans le livre le soient aussi ^^ Bien sûr, on en a [vraiment un peu], mais ce n'est pas le thème central du roman. Ce qui n'est pas forcément pour déplaire !

Blue Sargent a deux principes dans la vie : "ne jamais tomber amoureuse" et "les Corbeaux sont des salauds". Autant de promesses à elle-même qui font qu'elle ne tombera jamais amoureuse, et encore moins d'un Corbeau ! Pourtant, voilà que l'esprit de l'un d'eux lui apparaît à la veille de la Saint-Marc, réveillant cette prophétie qu'on lui répète depuis qu'elle est petite. Si Blue embrasse l'amour de sa vie, son baiser le tuera. Mais l'esprit qu'elle a vu continue de la perturber. Elle veut savoir qui c'est et, surtout, si elle peut le sauver. Lorsqu'une bande de trois Corbeaux débarquent chez elle afin de rencontrer sa mère, médium, Blue n'a aucune idée de tout ce qui se prépare dans l'ombre des rues et des forêts de la ville de Henrietta. Elle n'a qu'une certitude : elle en sera.

On est tous d'accord que quand j'écris "Corbeau(x)", il s'agit d'une (de) personne(s) et non pas de ces volatiles au plumage noir ^^ [Ni même de celui de de la Fontaine ;)] En fait, si Blue appelle ces garçons des Corbeaux, c'est à cause de leur école privée : Aglionby, qui possède pour emblème un corbeau ;) Et si elle ne veut rien avoir affaire avec eux c'est que ce sont des garçons [l'école est justement réservée à la gente masculine ^^], des fils à papa [l'école est en plus très élitiste] et des salauds [ils ont une mauvaise réputation...].
Mais, je ne suis pas Blue et j'ai adoré d'emblée les quatre Corbeaux qui m'ont été présentés : Gansey, Adam, Noah & Ronan. Bon, j'avoue eu avoir un peu plus de mal avec Ronan, mais je suis tombée accro à son côté complexe et mystérieux. D'ailleurs, ils sont tous plus ou moins complexes et découvrir leurs histoires au fil des pages à vraiment été un vrai plaisir. Et les garçons sont incroyables ! On pourrait facilement imaginer des rivalités entre eux, une certaine animosité, tant leurs différences peuvent être nombreuses, et pourtant ils sont terriblement soudés, très attachés les uns aux autres. C'était très beau ♥ Quant à Blue : j'aime aussi ce genre de personnage. Adieu la fille clichée, bonjour Blue =D Sans être un ovni non plus, Blue est un personnage assez commun, auquel on se lie très vite. Et elle-même se lie très vite aux garçons. Voir leur amitié naître, les attaches se faire, a été un grand moment, plein de doutes et de rires entre Adam qui hésite, Ronan qui se la joue brute et Gansey qui ne sait pas comment l'aborder :lol: Ce qu'il y avait d'impressionnant avec  chacun des personnages de La prophétie de Glendower, c'est qu'on ne les découvre pas tout de suite. Pendant le roman, il garde une part de secrets, qu'on ne devine qu'à demi-mots, avant que Maggie nous donne enfin la révélation. Ce qui ne manque pas de maintenir en haleine et de garder notre intérêt pour le roman intact ! Et certaines révélations n'ont pas manqué de me bouleverser, mais je vous laisse deviner lesquelles ;)
Comme je vous le disais, l'intrigue amoureuse n'est [en tout cas dans ce tome] pas la principale, et de loin. Maggie distille par endroits de petites indications, mais rien d'énorme, si bien que le plus important ici semble être la quête de Glendower ! L'aspect mythe est très renforcé dans le roman, on est plus dans la quête que dans l'amour, ce qui change un peu des récits que ne sont centrés que sur ça ^^ Un peu d'aventure, un peu de frisson, et pas de mélo ! =D On aurait tort de passer à côté ! Un brin de magie aussi, qui est indéniable : la famille de Blue est une famille de médiums, même si cette dernière n'a que très peu de dons dans ce domaine... [je vous laisse découvrir lesquels ;)], ce qui donne un côté parfois un peu loufoque au roman, et de belles scènes bien humoristiques !! Puis le décor est juste magnifique ! La ville de Henrietta et ses forêts... J'en ai plein les mirettes *__* même si je ne suis pas sûre de mettre un jour les pieds dans une forêt comme la décrit Maggie [moi, poule mouillée ? :o] A moins que je ne sois avec les garçons :p En plus, l'auteure a toujours ce talent pour les descriptions Quelques mots et hop! j'avais quitté mon lit, le sol ou même mon couloir de fac pour me retrouver dans la forêt, chez Blue... dans le roman quoi ! C'était impressionnant, ce sentiment à chaque page d'être avec les personnages, au coeur du livre *o* Et maintenant, me revoilà accro à l'auteure ! J'avoue que la série Frisson m'avait à la longue un peu refroidie, mais je crois que la prochaine fois, je reculerai moins à prendre Sous le signe du scorpion dans ma PAL ;)

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre :
"Ici, dans l'entrée, il faisait un peu moins président, mais uniquement parce que, à cause de la chaleur, il vait remonté les manches de sa chemise en les roulants de travers et ôté sa cravate, et que ses cheveux châtains étaient tout ébouriffés. Restaient la montre, assez grande pour assommer un braqueur de banques, et l'éclat rayonnant de sa peau : le teint d'un garçon qui n'a jamais connu la pauvreté, et dont ni le père, ni le grand-père, ni l'arrière grand-père ne l'ont connue non plus. Blue n'arrivait pas à décider s'il était très beau, ou juste très riche ; cela revenait peut-être au même. 
Gansey. C'était lui, Gansey."

Que vous dire de plus, ma foi ? Ce roman est une petite pépite, qui fait du bien et nous change un peu d'air ! On lit La prophétie de Glendower avec plaisir, avec délice, tournant les pages sans les voir passer ! Et après ? On attend la suite ;)

RDV en librairie le 23 janvier 2013 :) 

Merci encore à la collection Black Moon pour cette lecture en avant-première ♥
Et si vous n'y êtes pas encore, rejoignez-la page FB de la collection, en ce moment, des concours pour gagner le roman ! Profitez-en !! :)

jeudi 6 décembre 2012

- Interview Fabrice Colin -



Rencontre avec Fabrice Colin


A l'occasion du salon du livre de Montreuil, Magdalena et moi-même avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Fabrice Colin.

Pour rappel, Fabrice est un auteur français qui a déjà signé plus d'une trentaine de romans jeunesse et de nombreuses nouvelles. Il est notamment l'auteur de Bal de Givre à New-York ou de la saga des Vampires de Londres.
Nous l'avons rencontré dans le cadre de la parution de son nouveau roman, 49 jours, édité aux éditions Michel Lafon.
  


Compte-rendu d'une magnifique interview...


 
Parmi les nombreux auteurs étrangers n'est-il pas difficile de s'imposer en tant qu'auteur français en jeunesse ?
Fabrice nous explique que son premier roman est paru aux éditions Mango en 2001. À cette époque le marché était encore différent de celui d'aujourd'hui. Harry Potter venait tout juste d'être publié et la saga a suscité un certain engouement pour la littérature jeunesse. Depuis, le marché du livre n'a cessé de se développer avec de plus en plus d'auteurs et de lecteurs. Ainsi, les auteurs anglo-saxons sont, eux aussi, de plus en plus présents.
Il est souvent plus rentable pour une maison d'édition de traduire un livre qui dispose déjà d'une certaine notoriété plutôt que de se lancer dans la publication d'un ouvrage totalement inconnu du public.
Cependant l'auteur français dispose tout de même de quelques avantages. Tout d'abord, il coûte moins cher. En effet, lorsqu'une maison d'édition décide d'éditer un roman étranger, il faut prendre en compte le coût de l'achat des droits et celui de la traduction. De plus, on se rend vite compte que les auteurs étrangers adoptent une écriture très professionnelle, très travaillée alors qu'un auteur français dispose d'un comportement beaucoup plus naturel et spontané, donnant ainsi à leurs ouvrages une certaine originalité.
Mais malgré ces avantages, cela reste toujours compliqué pour un auteur français de s'imposer si ce dernier n'est pas déjà un minimum connu par les lecteurs. Ou alors, il faut vraiment proposer LE roman qui saura plaire aux lecteurs. Dans ce cas, le succès attendu par la maison d'édition viendra de lui-même grâce au bouche-à-oreille.

Vous avez écrit divers romans avec des univers totalement différents les uns des autres, de ce fait avez-vous adopté une démarche d'écriture différente ?
Il n'y a pas réellement de démarche d'écriture.  Pour chaque série, il y a un travail très important de maturation, de méditation et de réflexion qui est entreprit par l'auteur. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir s'écouler plusieurs mois, voire plusieurs années entre l'idée du roman et son écriture.
De plus, Fabrice nous dit : "Je m'ennuie assez vite, j'ai besoin de nouveauté." Ceci explique la diversité  des univers dans lesquels se passent ses récits.

Vous avez commencé la rédaction de 49 jours alors que la saga des Vampires de Londres n'est pas encore terminée. N'est-il pas compliqué de gérer simultanément l'écriture de deux sagas ?
Ce n'est effectivement pas simple d'écrire deux sagas en même temps. Cependant, Fabrice bloquait sur  la suite des Vampires de Londres. Au lieu de rester devant une page blanche, l'auteur a préféré se lancer dans l'écriture de 49 jours, dont il avait déjà l'idée depuis environ un an.

Vos livres ont souvent été édités chez des maisons d'édition différentes (Gallimard, Albin Michel Wiz, Michel Lafon...), est-ce un choix de votre part ?
Grâce à sa notoriété, un "jeu de séduction" des maisons d'édition est mis en place ; l'auteur a la possibilité d'éditer ce qu'il veut et de travailler avec des éditeurs différents.
Il ne s'en prive donc pas. Comme vous l'avez lu plus haut, l'auteur aime le changement, la nouveauté. Il apprécie particulièrement de travailler avec des personnes différentes. Cela apporte un autre regard sur ses textes. Il y a également une dimension humaine qui possède sa place : rencontrer de nouvelles personnes, lier des relations de confiance, d'amicalité...
De plus, dans l'édition, les personnes bougent beaucoup. Un auteur est souvent amené à recroiser des personnes avec qui il a travaillé précédemment chez des maisons d'éditions différentes. De ce fait, même si l'on change de maisons, on finit toujours par retomber sur des personnes qu'on avait particulièrement appréciées.

Nous lisons principalement de la jeunesse, mais par curiosité écrivez-vous aussi pour adultes ?
En effet, l'auteur écrit également pour les adultes. Fabrice nous cite des titres comme Dreamericana, Or not to be, Kathleen... Il est important de faire une distinction entre la jeunesse et les romans pour adultes : ce n'est plus le même registre.
Un nouveau thriller est d'ailleurs prévu pour l'année prochaine chez Sonatine que l'auteur définit comme "sombre, strident et plus personnel". Lorsqu'il écrit pour les adultes, Fabrice dispose d'une plus grande liberté d'écriture que lorsqu'il écrit en jeunesse où il est obligé de se limiter.

Lorsque vous avez débuté l'écriture de 49 jours, connaissiez-vous déjà sa fin ?
Oui ! Il savait parfaitement où il emmenait son lecteur...
Nous n'en dirons pas plus pour ne pas faire de spoil à ceux et celles qui n'auraient pas encore lu 49 jours.

Qu'est-ce qui vous a inspiré l'univers de l'Intermonde ?
"C'est assez difficile comme question, je n'arrive pas réellement à déterminer."
L'auteur a pu tout de même nous citer quelques sources : la tradition bouddhiste qui veut voir l'âme humaine errer pendant 49 jours dans une sorte d'univers parallèle, le thème du voyage dans le temps ou encore de la réincarnation.

Votre roman parle de la vie après la mort, avez-vous effectué des recherches particulières sur cette dernière ?
"Pas directement." L'écriture de son nouveau thriller qui paraîtra en mars 2013 se base lui aussi sur la tradition bouddhiste, sur les notions du folklore et du paradis. Ainsi, il a réutilisé ses connaissances lorsqu'il a écrit 49 jours.

Du coup, on se demande... vous y croyez ?
Fabrice avait récemment eu une discussion avec sa fille sur ce sujet. D'après l'auteur, l'erreur humaine serait de penser que s'il y a quelque chose après la vie, nous pourrions le conceptualiser.
Pour lui, la vie après la mort ne peut pas être représentée. Il ne croit pas au paradis chrétien ou à la continuité de la vie ; retrouver les gens "là-haut" serait bien trop simple...
"On ne vit pas dans un conte de fées."

Quand est-ce que le tome 2 sera disponible ? Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur l'intrigue de ce second roman ?
Le deuxième tome arrivera très vite. Il sera vraiment très différent du premier. L'axe narratif sera porté par Rain et la majeure partie de l'action se déroulera sur Terre dans une ambiance pré-apocalyptique. Le tome suivant aura des allures de thriller, Fabrice nous promet "des machinations et des souvenirs"...

Une ambiance pré-apocalyptique... En ce moment en littérature jeunesse les dystopies s'enchaînent, avez-vous donc délibérément choisi de faire se dérouler l'action du tome 2 dans ce type d'univers ?
Ce n'est pas délibérément choisi. Puis la dystopie ne date pas d'aujourd'hui non plus. "C'est un hasard, sans en être." L'idée est dans l'air du temps : nous sommes dans une période de crise économique mondiale qui ne semble ne pas s'arranger... ces circonstances influent donc sur l'écriture des auteurs. Ces derniers se voient sans doute délivrer des messages inconscients à leurs lecteurs de manières à les faire réagir sur la situation dans laquelle le monde se trouve actuellement.

Avez-vous d'autres projets ?
Un projet chez Albin Michel Wiz en Young-Adult. Du YA, qui sera même plus porté sur le "adult". Un roman plus volumineux, plus complexe, plus violent...

Pour finir, l'heure est aux adaptations cinématographique de livres, auriez-vous envie de voir à votre tour un des vôtres sur grand écran ?
Sans aucun doute. L'idée qu'un producteur s'intéresse à un de ses livres est très flatteuse. Il ne refuserait pas ce genre d'occasions : cela serait une très belle aventure artistique. Malgré tout, il est certain qu'il y aurait une certaine appréhension vis-à-vis de l'adaptation de son roman.
Puis, d'un point de vue plus réaliste, les adaptations cinémas sont la plupart du temps des projets pour rentabiliser un livre qui a bien marché et donc faire encore plus d'argent...
L'adaptation d'un livre est en plus un processus très long et fastidieux. De nombreux projets sont actuellement en cours (Oksa Pollock, Oscar Pill, les romans de Timothé de Flombelle..) mais n'ont pour l'instant rien de réellement concret. Des annonces sont souvent faites lorsque les droits ont été vendus. Cependant, Fabrice nous rappelle que la vente des droits ne signifie pas non plus le début de tournage du film. Cela provoque donc un stress et une attente supplémentaire pour l'auteur.
En conséquence, Fabrice serait partant pour ce genre d'aventure mais il émet tout de même quelques réserves.


                        L'interview de Fabrice s'achève donc ici... j'espère qu'elle vous aura plu !


Je tiens à adresser une centaine de merci à Fabrice Colin pour ses réponses toujours très complètes et l'agréable moment que nous avons passé avec lui !

Je vous invite également à vous rendre sur le blog de l'auteur : http://fabrice-colin.over-blog.com/ , à le suivre sur Twitter : https://twitter.com/fabricecolin ou encore Facebook : http://www.facebook.com/pages/Fabrice-Colin/20391290122


- Un compte rendu signé Laëtitia -

- Interview Tahereh Mafi -



Interview de Tahereh Mafi – par Laëtita & Magdalena



    À l’occasion de la 28ème édition du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, Tahereh Mafi [lien facebook ?] était parmi les auteurs présents pour rencontrer ses lecteurs. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions. 
Pour ceux/celles qui ne la connaîtraient pas, Tahereh Mafi est une auteure américaine, publiée en octobre chez Michel Lafon. Extrait de la trilogie Insaisissable, son premier roman, Ne me touche pas [Shatter me en anglais], a été très bien accueilli par le public, comme l’a démontrée la foule grandissante d’adolescents venus la voir lors du Salon. Pour en savoir plus sur son roman, vous pouvez également suivre le lien de nos chroniques :

Retour sur un moment particulier, une rencontre extraordinaire avec une auteure so cute, souriante, agréable et passionnée ! Un instant inoubliable…


Comment avez-vous eu l’inspiration pour Insaisissable ?
L’idée d’écrire Insaisissable lui est venue depuis des années, après un rêve. Installée à son bureau, elle a eu la vision d’une jeune fille injustement emprisonnée, qui se sentait seule, dans un endroit sombre. Elle a ouvert un document word et s’est mise à écrire son histoire.

Pourquoi avoir placé son histoire dans un univers dystopique ?
Quand Tahereh a dû répondre à la question « Où est Juliette ? », l’univers dystopique lui est venu comme ça. Le monde du personnage s’est mis en place de lui-même. L’auteure n’a pas vraiment choisi d’écrire une dystopie, mais c’était le monde qui s’imposait comme décor. C’était le plus cohérent pour expliquer la situation de Juliette au début du roman et ce qui lui arrive au fil des pages.

Y a-t-il des personnes de son entourage qui ont inspiré ses personnages ?
Parfois, oui. L’exemple le plus prégnant est Kenji, qui ressemble fortement à son frère par son humour, ses blagues,…

Comment est née l’idée de rayer les pensées de Juliette ?
Cela lui est venu naturellement. Les pensées rayées sont une sorte de représentation de la voix intérieure de Juliette. À travers cette marque, Tahereh y voit aussi la recherche de cette voix, comment l’appréhender et l’écouter. Le premier chapitre est d’ailleurs inchangé par rapport à son premier jet.

« JE SUIS MAUDITE
J’AI UN DON

JE SUIS UN MONSTRE
JE SUIS PLUS FORTE QU’UN HOMME

MON TOUCHER EST MORTEL
MON TOUCHER EST POUVOIR

JE VEUX QU’IL ME TOUCHE
IL NE DOIT PAS M’APPROCHER

JE SUIS LEUR ARME
JE ME VENGERAI 
»


Quand et comment écrivez-vous ?
Tahereh écrit toute la journée. Elle se lève tôt et est capable d’écrire du matin au soir. Ses périodes d’écriture sont intenses, elle est très concentrée sur ce qu’elle fait, sur son récit. Elle n’écoute pas de musique pendant l’écriture, plutôt avant, mais un bruit de pluie qui tombe lui sert de fond sonore. L’auteure tente de reproduire chez elle l’ambiance et l’atmosphère de son roman. Elle ferme ses rideaux et se coupe de tout. Ce qui n’est pas facile : Tahereh vit en Californie où le soleil brille tous les jours et les gens sont contents, souriants, un univers complètement différent de celui qu’elle nous propose dans Ne me touche pas.

Avez-vous toujours eu envie d’être auteure ?
Non. Au début, elle ne s’en pensait pas capable. Tahereh était surtout et avant tout une grande lectrice. Lorsqu’elle est entrée à l’Université, elle a eu plus de temps pour elle et a lu de plus en plus, jusqu’à 100 livres dans un mois. Elle se rendait très souvent chez son libraire et à également commencer à lire beaucoup de Young Adult. C’est là qu’elle s’est mise à écrire.
Elle a écrit cinq romans, avant la publication de Ne me touche pas. Mais elle les juge horribles et ceux-ci n’ont pas été publiés.

Quels sont vos livres ou auteurs préférés ?
Le monde des auteurs est très petit aux États-Unis, tout le monde se connaît, est ami avec tout le monde. Mais, elle a créé davantage de lien avec Kami Garcia et Margareth Stohl, les auteures de la saga 16 Lunes [Beautiful creatures], et l’auteur de Miss Pérégrine et les enfants particuliers [titre paru chez Bayard Jeunesse], Ransom Riggs, qui était d’ailleurs avec elle au Salon et qui est venu nous voir pendant l’interview.

Quelques révélations sur le tome 2 ?
Il y aura beaucoup de révélations dans Ne m’échappe pas, beaucoup de retournements de situation. Des réponses à des questions soulevées par le tome 1. Également des bisous et des batailles.

« Kisses and fighting »


Pour rappel, il sortira en avril chez Michel Lafon !

Avez-vous d’autres projets ?
En ce moment, Tahereh a fini l’écriture du tome 3 et travaille sur sa correction. Pour l’après Insaisissable, elle a plein d’idées. Mais ne nous en a rien dévoilé.

Pour finir, des deux couvertures, américaine et française, laquelle préférez-vous ?
L’américaine !

S'il y a bien des choses qui font palpiter notre coeur pendant Montreuil, ceci en est une ! La rencontre et la découverte des personnes qui se cachent derrière l'histoire que nous avons lue, vécue, pour laquelle nous avons ri, pleuré... est un instant très fort ♥ 

Un immense merci à Tahereh, aux éditions Michel Lafon et à Passion Books, pour avoir mené cette interview avec moi Vous avez été parfaites :3 

Laëtitia, Tahereh & moi