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jeudi 5 décembre 2013

=> Seconde vie [La dernière guerre, #2] - Fabrice Colin <=

Le 14 novembre dernier est sorti Seconde vie, dernier tome du dyptique La dernière guerre, de Fabrice Colin. Après avoir eu un coup de coeur pour 49 jours, et pour Bal de givre à New York [qui est l'un des premiers titres que j'ai lus de l'auteur], c'est sans hésitation que je me suis replongée dans l'Intermonde... Ah non, attendez, ici, on change un peu et on découvre le futur, la France et le monde dans les années 2030 ! Changement de personnages, changement de voix narrative, changement de décor... Pour autant, les impressions et le plaisir ont une nouvelle fois été présents, les mêmes, voire plus intenses encore  


Éditeur : Michel Lafon
Collection : Michel Lafon Jeunesse
Genre : roman, dystopie
Public : dès 14 ans 
Nombre de pages : 427
Date de parution : 14/11/2013
Prix : 15,95€

Résumé : 
"Je m'appelle Rain, j'ai quinze ans. Je vis dans un monde ravagé par la guerre, où plus aucune femme ne peut avoir d'enfant. Un monde à feu et à sang que je dois traverser, car j'ai juré de retrouver Floryan. Pour s'échapper de l'Intermonde, il a fait le choix de la réincarnation en plongeant dans le Nihil. Mais au lien d'un seul garçon, j'en découvre deux, Anthony et Eliott. Lequel est Floryan ? Je l'ignore. Nous devons cependant faire vite, car l'horreur qui ronge la Terre porte un nom : les "Elohim". Or désormais, nous le savons, ces êtres sans émotions sont parmi nous.. et notre désespoir est leur nourriture."

Avis :
Pour replacer un peu l'histoire, dans le premier tome, on découvrait Floryan, 17 ans, mort dans un attentat à Paris. Après son décès, le jeune homme se retrouve dans le paradis l'Intermonde et découvre ses anges les Elohim. Il a alors 49 jours pour se décider : rester dans cet entre-deux ou rejoindre les Elohim. Mais Floryan va aussi faire la rencontre d'autres personnages, eux aussi coincés dans l'Intermonde... Et il va rencontrer Rain.
Avec ce premier tome, Fabrice Colin explore le thème de la vie, du deuil et de la réincarnation avec force de détails et d'informations. Rien n'est laissé au hasard, à commencer par ce délais de 49 jours, issu de la tradition boudhiste. Mais dans Seconde vie, l'auteur revient sur tout ce que le premier nous laissait entrevoir et nous offre une dystopie sombre et intense, fouillée et pleine de réflexion.

Rain vit dans une France et plus généralement un monde en ruines, où les conflits se multiplient et l'avenir s'annonce des plus en incertain. A l'heure où plus aucune femme de ne peut avoir d'enfant, où les guerres sont légions, où les Hommes perdent la mémoire, elle choisit de croire Floryan et de l'attendre. Il est censé revenir sur Terre, mais aucun des deux ne sait comment. Ils ont juste la certitude de devoir se retrouver à l'église de Saint-Gervais. Sauf que deux jeunes gens se présentent : Eliott et Anthony. L'un franc et affirmé, l'autre rêveur et doux. Sauf qu'un seul des deux est Floryan... Les trois jeunes vont s'unir pour tenter de sauver le monde, affrontant leur destin avant que les Hommes-Cendres ne finissent de détruire la Terre.

C'est donc Rain qui prend la tête de la narration dans ce tome, même si ce n'est pas totalement... Je n'en dirai pas plus sur cette info ;) Mais j'ai beaucoup aimé l'interlude, assez original, qui répond efficacement aux questions que l'on peut se poser tout en laissant une part de mystère... Et quel plaisir que de découvrir davantage cette jeune fille, dont l'on entrevoyait une part d'histoire pendant le premier tome. Rain est une protagoniste courageuse, forte et au caractère bien trempé que j'ai été ravie de suivre. Elle ne manque pas d'idées et d'espoir, ce qui la pousse toujours à aller plus loin et ne pas s'arrêter au premier obstacle. Elle amène par là beaucoup de lumière au roman, empêchant la situation pour le moins chaotique de la Terre d'être omniprésente et d'obscurcir totalement l'histoire. Rain offre une lueur d'espoir, ce dont le monde a complètement besoin.
Pour ce qui est d'Anthony et Eliott, je suis un peu mitigée, même si les deux m'ont plus ou moins séduite. Avec du recul, j'aurais aimé être comme Rain : ne pas savoir lequel est l'ami qu'elle attend. Cependant, j'ai essayé de me prendre au jeu, ce qui fut assez facile puisque j'ai beaucoup apprécié le personnage de Rain, il n'a donc pas été compliqué de se mettre à sa place. Et là, l'indécision et le doute ont pris le dessus, les sentiments de Rain aussi. Bien que j'ai retrouvé un peu de Floryan dans l'un des deux [vous ne pensez quand même pas que je vous dirais lequel d'Anthony ou Eliott, hein ?], j'ai souvent hésité à donner ma confiance, qui est d'abord allée à l'un puis à l'autre, avant de ne plus trop savoir. Comprenez bien, Fabrice Colin aime brouiller les pistes et mettre son lecteur en haleine, l'écrivain s'illustrant aussi bien en jeunesse qu'en thriller [ce n'est pas pour rien]...
Jusqu'au bout, l'atmosphère est lourde, presque palpable, et intense. On sent tous les enjeux, toute leur importance, les questions nous taraudent, nous asticotent et l'auteur prend sûrement un malin plaisir à nous réserver les réponses, qui viendront seulement quand sera l'heure. La plume se fait brève, incisive, captivante, par endroits les phrases s'amenuisent, s'enchaînent, rapides et fugaces. On en ressort avec l'impression d'une course contre la montre, l'action accélère et la tension en prend encore un coup. Ça bouge de partout, les pages défilent et sans s'en rendre compte, nous voilà au coeur d'un roman addictif, prenant et qu'on ne peut plus lâcher. Preuve en est, je l'ai fini la veille de mon samedi à Montreuil, alors qu'il était plus de deux heures du matin et que je me levais beaucoup trop tôt pour m'endormir aussi tard. Chaque élément que l'on croit détenir pour nous aider à comprendre l'issue du roman se volatilise sous une nouvelle révélation, une dernière complication. Mais même si la fin se devine, l'auteur a encore des cartes en main et nous réserve une ultime surprise. Qui m'aura fait refermer Seconde vie l'esprit serein et le sourire aux lèvres, rêveuse...
Concernant la nouvelle intrigue, le lecteur tombe dans une dystopie bien sombre, où la population a abandonné. On le voit aux descriptions, au climat du roman. La Terre se meurt, à petit feu, partout, et si seuls les plus riches survivent encore, on est loin des aisances qu'ils avaient avant. Les maisons sont à l'abandon, les familles en exode. L'armée rouge [allias les Russes] ont envahi une France détruite, explosée, et de rares camps de résistances s'organisent. On sent la nécessité d'aller ailleurs, on voit d'emblée que la solution ne sera pas là, dans ce peuple agonisant. Alors on suit Rain, Anthony et Eliott dans leur voyage, dans leurs multiples détours à travers les Etats-Unis, jusqu'à cette solution que plus personne ne cherche. S'il est encore question de résurrection, c'est de manière plus subtile, insaisissable. Elle est évoquée, mais n'est plus le thème principal. Il est davantage ici question de survivre, de lutter et de ne pas prendre tout pour acquis. Si Rain est une lueur d'espoir, c'est aussi l'image du roman dans son ensemble. Le parcours des trois jeunes gens nous montrent qu'il ne faut pas partir résigné, et qu'il y aura toujours une lumière, un espoir, qu'il faut chercher sans cesse.  
Chose qui n'est pas moins appréciable pour ajouter du charme à ce titre, c'est sa particularité, sa singularité. Même si c'est un second tome, et que je vous invite vivement à lire le premier ne serait-ce que pour profiter de l'écriture de Fabrice Colin, de son imagination incroyable ou de la force de son récit, cet opus peut se lire sans l'autre. Le fait que l'on se retrouve dans un autre monde, dans une nouvelle situation et dans un nouveau personnage y participe grandement. L'auteur a su manier l'histoire de façon à composer un tome 2 qui remplit parfaitement sa mission tout en se dissociant de son prédécesseur, se présentant presque comme un roman unique, une seconde vie... 

Et s'il ne fallait qu'une citation pour vous convaincre, ce serait celle-là : 
"Eliott baisse le son. 
- Hé. 
Mais je le remonte, au contraire, jusqu'à ce que la voix de Chris Martin emplisse l'habitacle - jusqu'à ce qu'elle s'empare de mon âme et la soulève et le déchire tandis qu'à travers la forêt de sapins noirs nous filons vers des espoirs impossibles. 
In my place, Coldplay : la chanson sur laquelle mon père a rencontré ma mère. Je ris en pleurant, maintenant. Je les revois, dansant dans le salon. Mon père entraînait ma mère dans une valse maladroite, ma mère protestait et faisait semblant de se débattre et puis il la lâchait et s'en allait au fond du salon, comme dans le clip, avant de revenir vers elle en courant et de tomber à genoux. 
Le silence après ça. Le silence qui suit la vague. Je m'essuie les yeux, regarde ailleurs. Qui ne voudrait pas remonter le temps ?"

~~~~~~
Fabrice Colin signe ici un dyptique saisissant et captivant, aux tomes quasi indépendants. Si 49 jours m'avait plus qu'emballée, Seconde vie m'a carrément séduite et renforce une idée qui gamberge depuis longtemps. L'auteur est à suivre et à ne pas louper ! 

Un immense merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture

4 commentaires:

  1. Bonjour, j'ai lu l'article que tu as écrit et j'ai également lus 49 jours que j'ai fini récemment qui était vraiment un livre a part pour moi car je n'avais encore jamais lu de livre pareil. Il sortait des livre que j'ai lus car c'est une tout autre narration et un scénarios complètement différent, plus fantasiste, plus réaliste en même temps. Mais je pense que sa va me faire bizarre d'êtres a la place de Rain même si je l'ai adoré durant le un, car Floryan va prendre une toute autre place dans ce livre alors qu'il était en premiàère place dans le un.sinon l'histoire a l'air de ce poursuivre comme dans le un ce qui est bien.
    Au revoir :) .

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    Réponses
    1. Hello ! Je pense que si tu as aimé 49 jours, alors 2nde vie pourrait vraiment te plaire également ! Finalement, Floryan reste un personnage très présent dans l'intrigue, même dans ce deuxième tome. Et Rain apporte quelque chose de différent. L'histoire reste sur les mêmes codes, des thèmes similaires, mais l'aspect dystopique est très intéressant et très complet. N'hésite pas à revenir me donner ton avis sur le second tome ;) J'espère qu'il te plaira tout autant !
      Belle soirée :)

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    2. Pas de problème je l'ai commandé :)

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